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Brexit : Theresa May essuie un nouveau revers au Parlement britannique, Wall Street divisée sur les scénarios de sortie

Les députés britanniques ont rejeté par 303 voix contre 258 un amendement présentant comment le gouvernement souhaite renégocier sa sortie de l'UE. Pour Wall Street, Londres devrait faire son possible pour éviter le no-deal.

Enième désaffection pour la Première ministre britannique. Theresa May a essuyé un nouveau revers devant le Parlement britannique hier soir, une majorité de MPs ont rejeté la motion qui présentait les points de renégociation que le gouvernement souhaitait aborder avec Bruxelles pour parvenir à un accord de sortie modifié d’ici le 29 mars : l’obtention « d’arrangements alternatifs au backstop » sur le maintien d’une frontière nord-irlandaise ouverte avec Bruxelles, ainsi que le rejet d’un scénario de « no deal ».

Ces deux points – sur lesquels s’étaient pourtant déjà prononcés positivement, mais à une infime majorité, les députés fin janvier – ont donc été hier soir finalement retoqués. Les députés ont aussi rejeté un amendement émanant du parti indépendantiste écossais, le SNP, exigeant de repousser la date du Brexit.

Des négociations européennes au quasi point-mort

Cette marche arrière est une demi-surprise, la frange la plus radicale des brexiters ayant fait part de son refus de cautionner l’abandon d’un scénario de no-deal, malgré l’assurance, réitérée par Downing Street, que le Royaume-Uni quitterait bien l’Union européenne le 29 mars « avec ou sans accord ».

Depuis le 29 janvier, date à laquelle le gouvernement britannique avait reçu l’accord de principe de la Chambres des communes pour tenter de renégocier ses conditions de sortie avec l’Union européenne, l’avancée des discussions avec Bruxelles est au quasi point-mort.

L’UE, qui se refuse à renégocier l’accord de sortie sur lequel ils se sont entendus en novembre, n’a donné que peu de marge de manœuvre à Londres. La Première ministre britannique, qui a rencontré la semaine dernière le chef de l’exécutif européen Jean-Claude Junker, n’a obtenu de son homologue européen qu’un droit à aller de nouveau trouver une majorité sur l’accord initial à la Chambre des communes.

Main tendue du Labour

L’opposition travailliste, qui espère tirer de cette situation de blocage l’opportunité d’un Brexit soft, a adressé à Theresa May une lettre offrant son soutien sous certaines conditions, qu’elle s’est empressée de rejeter.

Jeremy Corbyn demandait notamment au gouvernement le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière permanente avec l’UE, une initiative qui avait par ailleurs reçu le soutien de l’UE.

Après ce nouveau désaveu, Theresa May doit revenir devant les parlementaires britanniques le 26 février pour un nouveau vote le 27 février. Mais comment le gouvernement va-t-il agir d’ici là, pris dans un étau entre le blocage de son corps législatif et la fermeté toujours affichée de Bruxelles ?

A six semaines de la sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne, la perspective d’un no-deal paraît de plus en plus plausible pour les observateurs. Et c’est sans doute sur cette menace d’un scénario du pire et en jouant la montre que Theresa May espère arracher un vote en faveur de son accord avec Bruxelles. Du côté de Wall Street, les analystes restent divisés sur la tournure que prendra les événements.

Wall Street divisée sur la suite des événements

Chez Goldman Sachs, on évalue à 50 % la probabilité que Theresa May parvienne à ratifier l’accord de sortie de l’Union européenne, les parlementaires britanniques se résignant finalement à cette option plutôt qu’à un no-deal.

« Il existe une majorité de parlementaires au sein de la Chambre des communes qui sont prêt à éviter une sortie sans accord, mais pas encore une majorité favorable à la tenue d’un second referendum. La Première ministre va tenter de reporter le vote parlementaire définitif sur son accord de Brexit négocié, et l’intensification du « risque résiduel » va inciter davantage à une éventuelle ratification de cet accord », explique la banque dans une note adressée aujourd’hui à ses clients.

JP Morgan a indiqué pour sa part que Theresa May tenterait maintenant d’obtenir une extension du délai de sortie de l’Union européenne, prévue le 29 mars. « Nous prévoyons qu’une majorité de parlementaires britanniques se prépareront finalement à s’assurer qu’une sortie sans deal soit absolument évitée. Nous continuons de penser que la Première ministre tentera de prévenir ce scénario en demandant elle-même une extension du délai, plutôt que de faire passer le vote sur un texte qui mènerait à une démission. »

La semaine dernière, The Sun avait révélé que Theresa May se préparait déjà à démissionner d’ici l’été prochain et chercherait un remplaçant. Au moins deux membres du gouvernement conservateur britannique – dont le secrétaire d’Etat au commerce extérieur Liam Fox - ont indiqué que leur cheffe de file, Theresa May, en aurait fait « l’allusion subtile ».

En 2016, la majorité des grandes banques n’avaient pas anticipé l’issue du scénario du référendum sur le Brexit, rappelle Reuters qui souligne, qu’ « en privé, beaucoup de banquiers s’inquiètent véritablement de la possibilité d’une sortie sans accord ».

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