Derrière une capitalisation record, Nvidia conserve une valorisation étonnamment défendable au regard de sa domination dans l’IA.
Pourquoi faire compliqué lorsque l’on peut faire simple ? NVIDIA reste aujourd’hui l’entreprise la mieux positionnée sur l’un des cycles d’investissement le plus puissant de l’histoire économique moderne, mais son multiple de valorisation ne reflète plus vraiment une prime d’exubérance.
Certes, le groupe est déjà la plus grosse capitalisation boursière mondiale, autour de 5 500 MdsUSD, mais au cours actuel, le titre se paie environ 22 fois les bénéfices attendus, malgré une marge opérationnelle supérieure à 60% depuis plusieurs années et une croissance qui reste exceptionnelle pour une entreprise de cette taille.
Au premier trimestre de son exercice 2027, clos fin avril 2026, Nvidia a publié un chiffre d’affaires de 81,6 MdsUSD, en hausse de 85% sur un an, avec un bénéfice ajusté par action de 1,87 USD, en progression de 140%. Un doublement du bénéfice pour une société de cette taille est extrêmement rare, voire inédit à cette échelle. Le data center, qui concentre désormais l’essentiel de la thèse d’investissement, a atteint 75,2 MdsUSD de revenus, en hausse de 92%. La guidance est encore plus importante que le trimestre publié, puisque Nvidia vise 91 MdsUSD de chiffre d’affaires au deuxième trimestre, au-dessus du consensus, et cela sans intégrer de revenus de calcul data center en Chine.
La comparaison sectorielle renforce l’intérêt du dossier, puisque Advanced Micro Devices, son concurrent direct, se paie environ 50 fois ses bénéfices prospectifs, avec une marge brute de 53%, une marge opérationnelle inférieure à 12% et un Return on Invested Capital (ROIC), c’est-à-dire le rendement du capital investi dans l’activité, inférieur à 8%. Nvidia, de son côté, affiche un ROIC supérieur à 117%, une marge brute de 74% et un forward P/E inférieur de plus de moitié à celui d’AMD. Le marché accepte donc de payer beaucoup plus cher un challenger moins rentable que le leader…
Beaucoup d’investisseurs résument encore Nvidia à sa domination dans les GPU, ces processeurs spécialisés devenus indispensables à l’entraînement et à l’inférence des modèles d’intelligence artificielle. Cette lecture devient périmée, car le « moat » de Nvidia repose aussi sur CUDA comme standard logiciel, sur Blackwell comme architecture de référence et sur une capacité croissante à intégrer l’ensemble de la chaîne de valeur des centres de données. Avec la plateforme Vera Rubin présentée en début d’année, qui combine CPU, GPU, NVLink, réseau, stockage, Data Processing Unit (DPU) et racks intégrés de Nvidia et de ses partenaires, le groupe n’est plus seulement un fournisseur de composants, mais un fournisseur de solutions complètes et fiables pour les data centers d’IA.
Cette évolution est stratégique, car la prochaine phase de l’IA ne sera pas seulement déterminée par la puissance brute des puces, mais par le « coût par token », qui dépend notamment de l’efficacité énergétique, de la fiabilité des clusters et de la vitesse de déploiement. Nvidia affirme que Vera Rubin NVL72 pourra améliorer fortement ce coût par token et l’efficacité énergétique par rapport à Blackwell, ce qui répond précisément aux deux grandes contraintes de l’inférence à grande échelle. À mesure que les modèles se diffusent dans les entreprises, la question ne sera plus seulement de les entraîner, mais de les faire tourner à coût raisonnable, avec une latence faible et une consommation électrique maîtrisée.
C’est là que le moat devient encore plus difficile à attaquer. Les concurrents peuvent concevoir une puce compétitive sur une tâche précise, mais ils doivent ensuite reconstruire le logiciel, les bibliothèques, les interconnexions, les outils de déploiement, le support développeur, la chaîne d’approvisionnement et la crédibilité opérationnelle auprès des hyperscalers. Nvidia ne vend pas seulement de la performance, mais une réduction du risque d’exécution pour des clients qui engagent des dizaines de milliards de dollars dans des infrastructures critiques.
Les principaux risques sont multiples, le premier étant que ses grands clients, notamment les hyperscalers, réussissent à réduire leur dépendance grâce à leurs propres puces développées en interne. Le second est que la demande liée à l’intelligence artificielle s’avère moins importante que prévu, mais jusqu’à présent les investissements des hyperscalers dans les data centers ne cessent d’être révisés à la hausse et les taux de disponibilité de GPU dans les data centers « ouverts » sont historiquement faibles, ce qui suggère une demande constamment sous-estimée.
En termes d’objectif haussier, le consensus des analystes est à environ 275 USD, soit un potentiel haussier d’environ 25%. Parmi les +40 analystes suivant la valeur, une grande partie d’entre eux ont un objectif supérieur à 300$, et l’objectif le plus faible est au cours actuel à 220 USD, donc l’asymétrie semble amplement en faveur des achats malgré la hausse des récentes semaines.
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