Une semaine riche en réunions de banques centrales s’ouvre avec les communications attendues de la Réserve Fédérale, de la Banque centrale européenne mais aussi la Banque du Japon ou encore la Banque d’Angleterre.
Et toutes ces banques centrales devront communiquer clairement leur positionnement par rapport à l’évolution très incertaine de la situation autour de l’Iran et de ses conséquences sur les prix de l’énergie, avec en toile de fond les risques pour l’inflation.
Alors que le mandat de Jerome Powell touche bientôt sa fin, la Fed se trouve dans une situation où elle ne pourra clairement pas abonder dans le sens de Donald Trump et ses souhaits répétés de voir les taux baisser.
L’inflation sous-jacente PCE (« core PCE »), une des mesures d’inflation les plus surveillées par l’institution monétaire, est remontée en janvier à 3.1% en variation annuelle, son plus haut niveau en 22 mois, alignant un troisième mois consécutif de hausse.
Un niveau très largement supérieur à l’objectif de 2% mais également un niveau d’inflation atteint…avant le début de l’intervention militaire en Iran et la flambée des prix du pétrole.
Pour son avant dernière réunion, Jerome Powell ainsi que la plupart des membres du FOMC devraient plaider, mercredi soir, pour la patience concernant les prochaines baisses de taux.
Alors que plusieurs grandes banques américaines anticipaient dans leurs prévisions, il y a encore quelques semaines, une prochaine baisse de taux en juin (c’est-à-dire à la première réunion qui suivra le départ de Jerome Powell), le positionnement des Futures sur les Fed Funds en ce début de semaine donne les probabilités d’un statu quo de la Fed en juin à près de 80%...
Le redressement des rendements des obligations du Trésor américain montre bien les craintes entourant le fort rebond des prix du pétrole : en deux semaine, le taux 10 ans américain est passé de 3.93% à 4.29%, soit plus de 30 points de base de redressement.
Au-delà de la question des taux et de l’inflation, un autre enjeu de la réunion de la Fed sera l’évolution des projections en termes croissance mais aussi d’emploi pour 2026, dans ce contexte de fortes tensions géopolitiques. Ces projections sont communiquées une fois par trimestre et elles seront mises à jour mercredi soir.
La réunion de la BCE sera également très attendue jeudi, plusieurs déclarations marquantes étant intervenues depuis de début de l’intervention militaire en Iran.
Il y a évidemment cette phrase de Christine Lagarde : "Nous ferons tout ce qui est nécessaire de faire pour que l'inflation soit sous contrôle et que les Français, les Européens, ne subissent pas des augmentations d'inflation du type de celles que nous avions vues dans les années 2022 et 2023".
Mais également celle de Joachim Nagel pour la Bundesbank : "La BCE agira rapidement et de manière décisive si la guerre en Iran entraîne des prix du carburant plus élevés qui se traduisent par une inflation plus durable en zone euro"
De façon paradoxale, les membres de la BCE se sont montrés beaucoup plus incisifs que ceux de la Fed en termes de communication ces dernières semaines…alors que l’inflation en zone euro (HICP) évolue sous 2% depuis trois mois consécutifs (1.9% en décembre, 1.7% en janvier et 1.9% en février).
C’est peut-être pour cette raison que la Banque des Règlements Internationaux (BIS) a jugé bon de rappeler en ce début de semaine que les banques centrales ne devraient pas réagir par la politique monétaire à un choc d'approvisionnement en énergie, surtout s'il est temporaire.
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