La correction du secteur logiciel accentue la correction de Microsoft post-résultats
L’action Microsoft a brutalement corrigé ces dernières semaines, dans le sillage du repli de l’ensemble du secteur des logiciels et après une accélération très marquée des dépenses d’investissement. Depuis son record d’octobre autour de 560 $, le titre a perdu près de 30 %, revenant tester des niveaux de prix qui n’avaient plus été observés depuis près d’un an.
À la publication des résultats trimestriels fin janvier, l’action a décroché d’environ 10 % en une séance, effaçant près de 357 milliards de dollars de capitalisation boursière — la deuxième plus forte destruction de valeur journalière jamais enregistrée aux États-Unis. Microsoft a légèrement dépassé les attentes, avec une croissance solide du cloud (Azure +39 % sur un an) et des marges toujours très élevées, mais le marché a volontairement ignoré ces éléments pour se concentrer sur un seul chiffre : +66 % de capex sur un an.
Dans un environnement où les investisseurs arbitrent en permanence entre visibilité et optionalité, ce type de décalage est immédiatement sanctionné. Il ne s’agit pas d’un doute sur la stratégie, mais d’un refus temporaire de la payer à l’avance. La croissance du cloud reste élevée, mais elle ne suffit plus à masquer l’effet mécanique de capex en forte accélération sur le free cash-flow. Le marché a donc choisi de réduire la prime plutôt que d’attendre des preuves tangibles du rendement de ces investissements.
Cette correction s’inscrit aussi dans un mouvement sectoriel plus large. L’ensemble des valeurs de logiciels et de services IT subit depuis le début de l’année une remise en cause de son modèle économique. La montée en puissance des agents IA, capables d’exécuter des tâches de bout en bout, a ravivé la crainte d’une compression durable de la valeur ajoutée des plateformes SaaS, et l’annonce par Anthropic, fin janvier, de nouveaux outils autonomes a renforcé les doutes.