L’or a perdu son élan depuis quelques mois, mais l’absence de vrai durcissement monétaire à venir rend le scénario d’une reprise de la tendance haussière de fond crédible.
Le cours de l'Or est sous pression depuis la fin janvier, après avoir enregistré une série de records jusqu’à environ 5 600 dollars l’once. Le rallye haussier s’est interrompu lors de la nomination de Kevin Warsh par Donald Trump comme successeur de Jerome Powell à la tête de la Fed, un candidat jugé moins « dovish » que d’autres qui étaient dans la course.
La correction a été particulièrement violente, puisque l’or a chuté de 10% en une seule séance fin janvier, sa plus forte baisse quotidienne depuis plus de quarante ans, tandis que sa volatilité réalisée sur une semaine a dépassé 90%, un niveau totalement inhabituel pour un actif souvent présenté comme une réserve de valeur stable.
Le cours de l’or a tenté de se ressaisir en février, mais l’envolée des cours du pétrole en mars, à la suite de l’escalade historique des tensions entre Téhéran et Washington, a ravivé les anticipations d’inflation et donc de resserrement monétaire, ce qui a fait rechuter le cours de l’or.
L’once d’or est temporairement revenue tester sa moyenne mobile à 200 jours, une première depuis octobre 2023, avant de rebondir dans le sillage du repli des cours du pétrole, grâce à une désescalade des tensions géopolitiques.
Fin mars, le métal est revenu vers 4500 dollars avant de rebondir de plus de 3% en une séance, puis il a retrouvé la zone des 4750 dollars début avril à la faveur des espoirs de cessez-le-feu. Cela illustre bien le fait qu’à court terme, l’or a surtout réagi non pas comme une simple valeur refuge, mais comme un actif très sensible aux variations des anticipations d’inflation, du dollar et des taux réels.
À court terme, l’évolution de ces tensions restera le principal catalyseur du cours de l’or. Mais à moyen et long terme, à moins d’un pivot hawkish des banques centrales, dont la Fed, une poursuite de la tendance haussière semble le scénario le plus probable. En effet, la politique monétaire continue d’être perçue comme trop accommodante, compte tenu d’une inflation durablement supérieure à l’objectif de 2% de la Fed depuis 2021.
De plus, au vu de l’accroissement des sanctions financières de l’Occident contre certains pays, les économies les moins alignées sur l’Occident devraient chercher à diversifier davantage leurs réserves, ce qui devrait maintenir une demande élevée des banques centrales pour l’or. C’est probablement l’argument structurel le plus solide de la thèse haussière. Selon le World Gold Council, les banques centrales ont acheté 863 tonnes d’or en 2025, un niveau encore historiquement élevé, tandis que 95% des banques centrales interrogées anticipent une hausse des réserves officielles mondiales en or sur les douze prochains mois et 43% prévoient d’augmenter leurs propres réserves, un record.
Techniquement, la tendance de court terme de l’or est baissière, comme le montre son évolution à l’intérieur d’un canal descendant, mais la tendance de fond haussière reste intacte puisque la moyenne mobile à 200 jours demeure orientée à la hausse et que les acheteurs se sont précipités sur ce niveau fin mars.
Le scénario le plus probable me semble donc être une sortie par le haut du canal descendant au cours des prochaines semaines, puis une réaccélération progressive de la tendance haussière de fond, à moins que les tensions entre les États-Unis et l’Iran ne propulsent à nouveau les cours du pétrole vers de nouveaux sommets, car cela augmenterait fortement les chances d’un resserrement monétaire plus dur des banques centrales. Le principal risque pour cette thèse n’est donc pas un affaiblissement structurel de la demande d’or, qui reste solide, mais un nouveau choc énergétique assez fort pour faire remonter durablement les rendements réels et le dollar.
Entrée : Achat entre 4400 et 4600 dollars
Objectif : 5500, puis 6000 dollars
Stop : 4300 dollars
Risque/Rendement : >3
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