Après les pharmas, assureurs et biotechs, la rotation sectorielle pourrait désormais bénéficier aux dispositifs médicaux encore fortement décotés.
Le secteur de la santé a repris des couleurs ces derniers mois, progressant de plus de 15 % sur les trois derniers mois (60 séances) pour signer la deuxième meilleure performance du S&P 500, derrière celui de la finance, conformément à mes attentes de début juillet. Cette surperformance n’a rien de surprenant, car la sous-performance marquée de ces deux secteurs, combinée à une surperformance extrême de la tech, était propice à une rotation sectorielle.
Ce net rebond du secteur de la santé a été tiré par les pharmas, les assureurs et les biotechs. L’industrie des équipements médicaux commence à montrer des signes de renaissance depuis un mois, mais reste en retard et s’échange à une valorisation historiquement faible, ce qui est au cœur de ma thèse haussière.
L’iShares US Medical Devices, ticker IHI aux États-Unis et UMDV pour la version UCITS, s’échange à seulement 21 fois les bénéfices anticipés des douze prochains mois, contre une moyenne décennale de 26 fois. Courant juillet, il s’échangeait à moins de 20 fois les bénéfices prospectifs, soit deux écarts types sous cette moyenne décennale. La dernière fois que sa valorisation avait été aussi faible, c’était en 2016.
Cette décote reflète des inquiétudes qui ne sont pas totalement infondées, le bear case reposant d’abord sur l’hypothèse d’un ralentissement plus durable de la croissance organique du secteur. Après plusieurs années soutenues par le rattrapage des volumes de procédures post-Covid, l’activité hospitalière se normalise, tandis que plusieurs fabricants sont confrontés à une intensification de la concurrence, notamment dans la chirurgie robotisée, le diabète ou les dispositifs cardiovasculaires.
Ces risques expliquent une partie de la compression des multiples observée ces derniers mois, mais leur intégration déjà avancée dans les cours améliore progressivement le profil rendement/risque du secteur. Le bull case repose surtout sur la solidité structurelle de nombreuses franchises, qui bénéficient de barrières à l’entrée élevées, de coûts de changement importants pour les praticiens et les établissements de santé, ainsi que d’une part significative de revenus récurrents provenant des consommables et des dispositifs installés. À cela s’ajoute un soutien démographique de long terme, avec le vieillissement de la population mondiale qui devrait continuer d’alimenter la demande de soins.
À court terme, la thèse repose surtout sur une extension de la rotation sectorielle observée depuis le début de l’été vers une industrie qui reste encore en retard sur les pharmas, les assureurs et les biotechs. Dans ce contexte, une forte révision à la hausse des perspectives bénéficiaires ne paraît pas nécessaire pour soutenir le rebond, puisqu’une stabilisation des attentes, combinée à des multiples historiquement faibles, pourrait suffire à favoriser un retour progressif des flux vers les équipements médicaux.
C’est en tout cas ce que laisse à penser la configuration technique. Après avoir fortement corrigé en début d’année puis consolidé en mai et juin, l’ETF rebondit nettement depuis la mi-juillet et est récemment parvenu à sortir par le haut de ses bandes de Donchian et de Keltner. L’iShares US Medical Devices revient désormais tester sa moyenne mobile à 200 séances, ce qui laisse envisager une poursuite du rebond vers les sommets de l’automne dernier, autour de 7 €, dans les prochains mois. Ce scénario serait invalidé en cas de retour sous la borne basse des bandes de Donchian ou de Keltner à 40 séances, actuellement située autour de 5,50 €.
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