Après plusieurs années de correction et de sous-performance, Nestlé retrouve une valorisation plus raisonnable au moment où les volumes montrent des signes encourageants de reprise.
Le titre Nestlé a nettement sous-performé ces dernières années, alors que le marché a progressivement remis en cause le statut de valeur défensive premium du géant suisse de l’alimentation. Le groupe reste l’un des plus grands acteurs mondiaux de la consommation, avec des marques fortes dans le café, les produits pour animaux, la nutrition, les plats préparés et les confiseries. Mais sa dynamique opérationnelle s’est dégradée depuis 2023, sous l’effet du ralentissement des volumes, de la pression sur les marges et d’une exécution devenue moins régulière qu’auparavant.
Le problème ne vient pas d’un doute existentiel sur la qualité de Nestlé, mais plutôt du décalage entre une valorisation longtemps supérieure à celle du S&P 500 et une croissance plus faible. Le parallèle avec Domino’s Pizza est intéressant de ce point de vue. Le marché n’a pas soudainement découvert que Domino’s était une mauvaise entreprise, mais il a cessé d’accepter de payer près de 40 fois les profits prospectifs pour une croissance devenue plus irrégulière.
Nestlé suit une logique comparable, même si son profil reste plus défensif et beaucoup plus diversifié. Pendant plusieurs années, le groupe a surtout soutenu ses ventes grâce aux hausses de prix. Cette stratégie a protégé le chiffre d’affaires, mais elle a aussi pesé sur les volumes, puisque les consommateurs ont davantage arbitré vers des alternatives moins chères ou vers les marques distributeurs. Dans les deux cas, la leçon est assez simple : une entreprise de qualité peut devenir un mauvais investissement temporaire si la valorisation laisse peu de marge d’erreur…
Le marché surveille désormais la capacité de Nestlé à renouer avec une croissance de ses volumes. Au premier trimestre 2026, le groupe a publié une croissance organique de 3,5%, dont 1,2% de "croissance réelle interne". Cet indicateur, qui mesure l’évolution des volumes et du mix hors effet prix, permet de savoir si Nestlé vend réellement davantage de produits ou s’il se contente d’augmenter ses prix. Le signal est donc encourageant, même s’il reste encore trop précoce pour parler d’un redressement durable. Les prochains trimestres seront nécessaires pour confirmer ce redressement.
La marge reste l’autre sujet central, puisqu’en 2025, la marge opérationnelle courante sous-jacente est tombée à 16,1%, contre 17,2% un an plus tôt, sous l’effet de la hausse des coûts, des investissements marketing, de certains effets de change et des difficultés dans la nutrition infantile. Le groupe continue toutefois de générer beaucoup de cash, avec plus de 9 milliards de francs suisses de flux de trésorerie disponible, ce qui lui permet de financer son dividende et de conserver une flexibilité importante.
Le scénario le plus crédible n’est donc pas celui d’un retour rapide à une croissance spectaculaire, mais plutôt celui d’une normalisation progressive de sa croissance et de ses marges. Nestlé doit prouver que ses volumes peuvent repartir et que ses marges peuvent revenir vers 17%. La direction concentre désormais davantage ses efforts sur les catégories les plus solides, notamment le café, les produits pour animaux, la nutrition et les snacks, tout en cherchant à réduire la complexité du groupe.
À environ 80 CHF, soit près de 87 EUR, le titre ne se traite pas à un prix bradé, mais la valorisation est redevenue nettement plus raisonnable pour une entreprise de cette qualité. Nestlé s’échange à environ 18 fois ses profits prospectifs, tandis que le rendement du free cash flow atteint 5,5%, soit près de deux écarts-types au-dessus de sa moyenne des dix dernières années.
Un redressement graduel de la croissance réelle et des marges pourrait permettre un re-rating vers un multiple plus normal de 21 à 22 fois les profits. Le principal risque reste que le redressement des volumes soit trop lent ou que la pression sur les coûts empêche la marge de se normaliser.
Techniquement, le meilleur couple rendement/risque se situe légèrement plus bas en bas du triangle dans lequel le titre oscille depuis plus d’un an, autour de 70 CHF / 77 EUR. Pour un investisseurs soucieux de son timing d'entré, il sera plutôt préférable d'attendre une sortie par le haut de ce triangle pour se positionner.
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