Un marché encore peu cher, des fondamentaux solides et plusieurs catalyseurs : la Pologne coche plus de cases que beaucoup d’émergents mieux valorisés.
Après vous avoir présenté le marché brésilien en début de semaine, j’aimerais également attirer l’attention sur le marché polonais, qui, malgré sa forte hausse ces dernières années, continue d’afficher une décote importante vis-à-vis de ses pairs. Le MSCI Poland s’échange autour de 15 fois ses bénéfices moyens des dix dernières années. C’est autant que le Brésil (14x), qui reste l’une de mes fortes convictions de l’année, et très en dessous de marchés émergents bien plus populaires comme le Mexique (22x), l’Afrique du Sud (22x) ou surtout l’Inde (31x).
À mes yeux, cette décote reste difficile à justifier au regard des fondamentaux du pays. Le marché continue d’être valorisé comme un émergent cyclique assez banal, alors que le profil économique et institutionnel de la Pologne n’a plus grand-chose à voir avec un pays émergent.
Selon le 2026 Index of Economic Freedom, la Pologne obtient un score de 68,5, ce qui la classe 40e au monde et dans la catégorie « moderately free ». Le détail est intéressant, puisque la Pologne affiche de bons scores en droits de propriété (71,8), en liberté d’entreprendre (77,5), en liberté monétaire (73,8) et surtout en ouverture des marchés, avec 79,4 pour le commerce, 80,0 pour la liberté d’investissement et 80,0 pour la liberté financière. A titre de comparaison, les autres émergents cités dans cette thèse sont classés bien plus bas dans le même indice : le Mexique est 92e, l’Afrique du Sud 100e, l’Inde 132e.
Par ailleurs, la toile de fond macro du pays reste robuste, avec une économie qui continue de croître à un rythme élevé pour une économie européenne. La Banque mondiale anticipe encore 3,1% de croissance en 2026, après une croissance soutenue en 2025, avec un soutien venant à la fois de la consommation, d’un marché du travail tendu et surtout des investissements financés par l’Union européenne. Ce point me paraît important, car il est crucial pour les banques, or les banques représentent environ 50% du marché polonais.
Le deuxième argument tient au fait que la Pologne bénéficie potentiellement de plusieurs thèmes structurels en même temps. Morgan Stanley souligne que le redécoupage des chaînes d’approvisionnement rend les pays d’Europe de l’Est particulièrement attractifs pour le nearshoring, et cite explicitement la Pologne, la République tchèque et la Hongrie comme destinations intéressantes grâce à leur base industrielle existante, à une main-d’œuvre qualifiée et à des coûts encore compétitifs.
Il y a enfin un catalyseur plus optionnel, mais qu’il serait imprudent d’ignorer : l’Ukraine. La Pologne est l’un des pays les mieux placés pour bénéficier économiquement d’une future phase de reconstruction, grâce à sa proximité géographique, à sa logistique et à son intégration industrielle avec le reste de l’Europe. À cela s’ajoute le thème défense : Reuters rapportait que la Pologne vise 5% du PIB de dépenses militaires en 2026, ce qui prolongerait un cycle d’investissement public déjà massif.
Les risques existent, bien sûr. Le premier est budgétaire : la montée des dépenses, notamment militaires, peut maintenir le déficit à un niveau élevé. Le second est politique : les frictions institutionnelles peuvent encore ralentir certaines réformes. Enfin, la Pologne reste une économie ouverte et cyclique, donc sensible à un ralentissement européen plus marqué ou à un choc énergétique. Mais justement, c’est souvent lorsque les risques sont visibles et déjà largement intégrés que l’asymétrie devient intéressante.
Sur le plan technique, l'iShares MSCI Poland (SPOL) a fortement rebondi ces derniers jours au côté des autres marchés boursiers. L’indice se trouve désormais assez éloigné de sa moyenne mobile à 200 séances, ce qui suggère un excès d’optimisme à court terme. Il semblerait donc préférable d’attendre une consolidation voire retracement pour réduire l’écart avec cette moyenne mobile pour se positionner à l’achat.
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