Le deuxième point, c’est que le Brésil ne repose pas uniquement sur une histoire macro. Derrière l’indice, on trouve aujourd’hui des entreprises bien plus solides qu’il y a dix ans. Le marché reste très exposé aux matières premières et aux financières, mais la qualité moyenne des entreprises me paraît meilleure que ce que beaucoup d’investisseurs imaginent encore. Les bilans sont globalement plus propres, la rentabilité est plus élevée, les distributions aux actionnaires sont souvent généreuses, et la discipline du capital s’est améliorée. Bref, on n’est plus vraiment face au Brésil caricatural d’il y a dix ans.
Pourquoi le re-rating du Brésil pourrait s’accélérer en 2026
Le troisième catalyseur, sans doute le plus tangible à court terme, est le potentiel pivot monétaire. Après un cycle de resserrement extrêmement brutal, le Brésil reste l’un des grands marchés avec les taux réels les plus élevés. En effet, l’inflation y est d’environ 4% tandis que les taux directeurs sont de 14%. Si l’inflation continue de refluer, la banque centrale pourrait entrer dans une phase d’assouplissement plus visible. Historiquement, ce type de transition a souvent été très favorable aux actions brésiliennes.
Le quatrième catalyseur est politique. L’élection présidentielle d’octobre 2026 peut sembler encore loin, mais les marchés n’attendent jamais la dernière minute pour commencer à ajuster leur lecture. L’idée d’une alternance plus favorable au marché créent un sujet que les investisseurs vont probablement regarder de plus en plus près dans les prochains mois. Comme nous avons pu le voir ces dernières années dans d’autres pays d’Amérique latine, la possibilité d’un cadre perçu comme plus crédible sur la dépense publique, l’investissement privé, les concessions et les privatisations devrait être fortement apprécié par les investisseurs internationaux.
Enfin, il ne faut pas négliger la dimension technique. Le marché brésilien progresse fortement depuis le début de l’année, et l’ETF Amundi Brésil vient de compléter une figure de retournement en « rouding bottom » en dépassant une résistance de long terme en début d’année.
Au final, c’est précisément ce mélange qui me plaît : une valorisation encore très faible, une qualité moyenne des entreprises meilleure qu’on ne le croit, un possible pivot monétaire, une fenêtre politique à surveiller de près, et désormais une structure technique haussière.