Après avoir fortement rebondi depuis la panique de juin, Abivax retrouve une valorisation qui redevient intéressante.
Après avoir fortement rebondi depuis la panique du mois de juin, ABIVAX a reperdu une partie de ses gains avant de bénéficier d’un nouveau catalyseur avec l’interaction pré-NDA menée auprès de la FDA américaine. La biotech française indique avoir obtenu un retour positif sur la préparation du dossier et maintient son objectif de soumettre la demande d’autorisation d’obéfazimod au quatrième trimestre 2026. La thèse ne repose donc plus seulement sur l’idée que le marché aurait exagéré un éventuel signal de sécurité, mais sur un décalage de plus en plus difficile à justifier entre le niveau de « dé-risquage » atteint par l’actif et sa valorisation par rapport aux grandes transactions réalisées dans les maladies inflammatoires de l’intestin.
Dans mon analyse du début juin, j’estimais que la chute provoquée par quelques cas de cancers observés dans l’étude de maintenance paraissait excessive au regard de la qualité des résultats d’efficacité, et les publications intervenues depuis ont progressivement renforcé cette lecture. Les données complémentaires de fin juin ont notamment montré que la poursuite du traitement à 50 mg permettait d’obtenir des résultats solides chez les patients n’ayant pas répondu après les huit semaines d’induction, avec 37,2 % de rémission clinique et 34,5 % de rémission endoscopique à la semaine 44. Chez les patients ayant rechuté sous 25 mg, le passage à 50 mg a permis de récupérer une rémission clinique dans 45,5 % des cas, ce qui donne davantage de crédibilité à une stratégie de dose modulable entre 25 et 50 mg.
Abivax a affirmé jeudi 30 juillet avoir obtenu un retour positif sur la préparation du dossier et reste en mesure de procéder au dépôt prévu au quatrième trimestre. Cela ne préjuge ni de l’approbation finale ni du libellé précis de l’étiquette, mais le scénario dans lequel les questions de sécurité auraient imposé des travaux supplémentaires avant dépôt devient moins central.
La levée de fonds de juillet a parallèlement profondément modifié le profil financier de la biotech, avec 920 millions de dollars levés, dont environ 874 millions nets, afin notamment de financer la future commercialisation américaine d’obéfazimod et la poursuite des programmes en rectocolite hémorragique et maladie de Crohn. Cette opération donne à Abivax plusieurs années de visibilité financière et rend surtout la valeur d’entreprise, qui retranche la trésorerie de la capitalisation boursière, bien plus pertinente que la simple valeur boursière pour comparer la société aux transactions historiques du secteur.
Le comparable central reste Prometheus Biosciences, que Merck avait accepté de racheter pour 10,8 milliards de dollars en 2023 alors que son principal actif, PRA023, venait essentiellement de valider sa preuve de concept en phase 2 dans la rectocolite hémorragique et en phase 2a dans la maladie de Crohn. La phase 3 restait encore à mener.
Abivax se trouve aujourd’hui beaucoup plus loin dans son développement : les deux essais pivots d’induction ont réussi, l’étude pivot de maintenance a réussi, les patients réfractaires ont fourni des données supplémentaires encourageantes, la base de sécurité a été considérablement élargie et la société vient désormais de franchir positivement son interaction pré-NDA avec la FDA.
Lorsque le titre était revenu sous 110 euros (autour de 115 à 120 dollars), la valeur d’entreprise d’Abivax se situait environ 10 à 15 % sous celle implicitement payée pour Prometheus. La réaction favorable à la nouvelle réglementaire réduit mécaniquement cette décote, mais le marché valorise encore Abivax autour ou sous le niveau payé pour un actif acquis plusieurs années plus tôt dans son développement, alors qu’obéfazimod a depuis franchi les principales étapes cliniques qui séparent une phase 2 prometteuse d’un dossier prêt à être soumis à la FDA.
Même si un rachat n’est ni imminent ni indispensable à la thèse, la succession des derniers événements rend progressivement plus difficile l’argument justifiant une forte décote sur Prometheus. Abivax dispose désormais d’un médicament oral potentiellement différencié, d’une efficacité de phase 3 particulièrement solide, d’un risque clinique fortement réduit, d’une trajectoire réglementaire mieux balisée et d’une trésorerie suffisamment importante pour financer elle-même la prochaine étape de son développement.
Cette solidité financière change également le rapport de force avec d’éventuels acquéreurs, car Abivax n’a plus besoin de vendre pour financer son programme et peut continuer à préparer une commercialisation autonome. Un grand laboratoire souhaitant s’emparer d’obéfazimod devrait donc proposer suffisamment pour convaincre les actionnaires de renoncer à la valeur d’un lancement indépendant. Plus le programme se dé-risque, plus le prix de réservation d’Abivax augmente, ce qui renforce paradoxalement l’intérêt stratégique de l’actif tout en rendant une offre opportuniste moins probable.
Dans mon scénario baissier, le titre pourrait désormais revenir vers 100 à 110 dollars (85-95 euros) si la FDA faisait émerger des contraintes significatives lors de l’examen du dossier ou si le futur label limitait le potentiel commercial du 50 mg. Mon scénario central vise 165 à 180 dollars (145-165 euros), avec un dépôt sans mauvaise surprise, l’approbation des deux doses et une montée en puissance progressive dans la rectocolite hémorragique. Enfin, un scénario plus favorable pourrait porter Abivax vers 220 à 250 dollars (190-220 euros) si le profil réglementaire reste propre et qu’un acquéreur stratégique accepte de payer une prime correspondant au niveau de dé-risquage désormais atteint.
Avertissement : IG fournit exclusivement un service d’exécution d’ordres. Les informations ci-dessus sont issues d’un prestataire externe et ne sont fournies qu’à titre indicatif. Elles ne constituent pas un historique de nos cotations. IG se dégage de toute responsabilité concernant l’utilisation qui en est faite et des conséquences qui en résultent. IG ne peut garantir que l’information fournie ci-dessus soit complète ou exacte et se dégage donc de toute responsabilité quant aux risques encourus par toute personne agissant sur la seule base de ces informations. Veuillez noter que ces informations ne prennent nullement en compte la situation financière et les objectifs d’investissement spécifiques aux personnes qui les reçoivent. Enfin, ces informations n’ont pas été conçues pour répondre aux exigences légales en matière d’indépendance de la recherche sur l’investissement. Il est strictement interdit de reproduire ou de distribuer tout ou partie de ces informations à des fins commerciales ou privées.
Toute opinion, annonce, recherche, analyse ou autre information et tous prix ci-dessus sont fournis par Valentin Aufrand à titre de recommandation générale, rédigés et/ou validés et n’ont pas valeur de conseil d’investissement personnalisé et/ou individuel. Valentin Aufrand ne saurait être tenu responsable de toute perte ou tout dommage, incluant sans limitation des pertes de gain, qui pourrait découler directement ou indirectement de l’utilisation ou de la prise en compte d’une telle information. Le contenu de cette analyse est fourni dans le seul but d’aider les investisseurs à prendre des décisions d’investissement indépendantes. Valentin Aufrand a pris toute mesure raisonnable pour s’assurer de la précision de l’information dans ses analyses et ne sera pas tenu responsable de toute perte ou tout dommage résultant directement ou indirectement du contenu.