La Chine envoie des ondes de choc sur les marchés

Après une première dévaluation du yuan mardi et une deuxième mercredi, la Banque centrale chinoise (PBOC) a de nouveau abaissé le taux de référence du yuan de 1% face au dollar pour la troisième journée consécutive ce jeudi 13 août.

La Chine envoie des ondes de choc sur les marchés

Les deux premières dévaluations de la monnaie chinoise avaient déjà pris les marchés par surprise en début de semaine. Suite à cette troisième annonce, le yuan a atteint ce jeudi son niveau le plus bas en quatre ans à 6,41 yuans pour un dollar. En trois jours, la devise a perdu plus de 3.5% de sa valeur. Cette dépréciation brutale, associée aux statistiques décevantes du géant asiatique, affecte les marchés mondiaux. Mardi et mercredi, les marchés européens avaient complètement occulté l’accord sur la Grèce.

La Banque centrale chinoise avait toutefois annoncé que l’opération de mardi serait une action unique, qui n’avait pas vocation à être renouvelée. C’est désormais la plus importante dévaluation du yuan face au dollar en plus de deux décennies. Cette dévaluation soulève de nombreuses questions sur les objectifs de ces opérations et laisse ainsi la porte ouverte à d’autres opérations similaires dans les semaines à venir.

L’ampleur de la dévaluation de la devise chinoise et sa rapidité sèment le doute sur les marchés. Cette opération a ramené le yuan sur les niveaux de mi-2011 face au dollar. Des questions se posent sur la proximité de cette opération avec la prochaine réunion de la FED qui devrait évoquer une augmentation de taux. Le timing de cette intervention fait également suite à une série de chiffres macroéconomiques décevants traduisant un ralentissement de l’activité économique du géant asiatique.

Une autre explication de la décision de la Chine pourrait être son souhait d’intégrer les DTS du FMI afin d’élargir l’usage et l’influence du yuan dans les relations commerciales. Le yuan ferait ainsi partie du panier de devises de références du Fonds monétaire international (FMI). Pour le moment, ce panier comprend le dollar, l’euro, la livre sterling et le yen. Cette décision qui sera prise par le FMI donnerait à la devise chinoise un levier supplémentaire pour accroître le commerce extérieur du pays.

Sans oublier les questions sur l’impact de ces décisions concernant l’évolution au Japon de la politique monétaire. Kuroda (BoJ) avait récemment déclaré qu’il n’y avait pas de nécessité à court terme d’accroître le soutien monétaire à l’économie. Peut-être que la décision de la Chine changera la donne…

Des interrogations qui soutiennent le doute et créent un net regain de volatilité sur les marchés, déjà en attente d’indications de la part de la FED concernant la date du premier relèvement de taux.

Ce n’est pas tant l’ampleur de la dévaluation qui surprend les investisseurs puisque l’évolution de l’euro par rapport au dollar depuis le sommet de mai 2014 à 1.4000$ et le point bas de mars 2015 sous 1.0500$, représente 25% de baisse en 10 mois seulement. C’est plutôt la soudaineté de l’intervention qui suscite les questions alors que la PBOC procédait jusqu’alors par des ajustements diffus. Le contexte macroéconomique est également l’une des raisons probables qui a poussé la Chine à dévaluer sensiblement sa monnaie avec la dégradation de la balance commerciale chinoise et une baisse de 8,3% des exportations chinoises ainsi que le repli des importations de 8,1% en juillet. La Chine a également fait état d’une contraction de son PMI et d’un ralentissement de la production industrielle en juillet. Quelques semaines seulement après le fort décrochage des marchés actions chinois, le pays pourrait chercher à enrayer le ralentissement de l’activité économique en stimulant ses exportations.

A l’international, les réactions ont été positives, la Commission Européenne a qualifié la décision de la Chine de « développement positif » en précisant que ce sont les fondamentaux économiques qui doivent déterminer la valeur de la devise. Le FMI a salué une « étape positive » sans pour autant influer sur sa décision d’une intégration du yuan aux DTS. Le FMI se prononcera en novembre sur cette question. Et c’est là, la question de fond : l’intervention de la Chine a-t-elle pour principal finalité la normalisation progressive de sa devise ? Ainsi, la dépréciation du yuan serait une conséquence logique d’une économie montrant des signes de faiblesse. Une opération qui faciliterait l’intégration du yuan aux DTS du FMI et permettrait au pays d’étendre le rôle et l’influence de la devise dans les relations commerciales internationales.

L’action de la Chine intervient au moment où les marchés actions américains ne parviennent plus à accélérer à la hausse. Cette nouvelle situation fait craindre un renchérissement du dollar qui pourrait pénaliser à moyen terme la croissance des entreprises américaines notamment. La FED pourrait donc être d’autant plus isolée dans sa problématique monétaire. Avec la Banque d’Angleterre, c’est la seule qui a débuté un processus de normalisation, loin de la BCE, BoJ ou encore BNS.

Toutes ces questions envoient un signal d’inquiétude sur les marchés et ne peuvent créer qu’un retour de la volatilité qui devrait se poursuivre dans les semaines à venir, avant que la FED ne donne plus d’indications.

 

Avertissement : IG fournit exclusivement un service d’exécution d’ordre. Les informations ci-dessus ne sont fournies qu’à titre indicatif. Elles ne constituent, ni ne doivent être interprétées comme un conseil ou une recommandation. Elles ne constituent pas non plus un historique de nos cotations ou une offre ou sollicitation à investir dans un quelconque instrument financier. IG Markets se dégage de toute responsabilité concernant l’utilisation qui en est faite et des conséquences qui en résultent. IG ne peut garantir que l’information fournie ci-dessus soit complète ou exacte et se dégage donc de toute responsabilité quant aux risques encourus par toute personne agissant sur la seule base de ces informations. Veuillez noter que ces informations ne prennent nullement en compte la situation financière et les objectifs d’investissement spécifiques aux personnes qui les reçoivent. Enfin, ces informations n’ont pas été conçues pour répondre aux exigences légales en matière d’indépendance de la recherche sur l’investissement. Elles doivent donc être considérées comme une communication à des fins marketing. Il est strictement interdit de reproduire ou de distribuer tout ou partie de ces informations à des fins commerciales ou privées.

En complément des mentions ci-dessous, veuillez noter que les informations présentes sur cette page ne constituent pas un historique de nos cotations ou une offre ou sollicitation à investir dans un quelconque instrument financier. IG se dégage de toute responsabilité concernant l’utilisation qui en est faite et des conséquences qui en résultent. Veuillez noter que ces informations ne prennent nullement en compte la situation financière et les objectifs d’investissement spécifiques aux personnes qui les reçoivent. Ces informations n’ont pas été conçues pour répondre aux exigences légales en matière d’indépendance de la recherche sur l’investissement. Elles doivent donc être considérées comme une communication à des fins marketing. Enfin, bien que notre politique de passage d’ordres ne soit pas restrictive, nous ne cherchons pas à profiter de ces recommandations avant d’en faire la communication auprès de nos clients.

Les CFD sont des instruments complexes et présentent un risque élevé de perte rapide en capital en raison de l’effet de levier.
79% des comptes d’investisseurs particuliers perdent de l’argent lorsqu’ils investissent sur les CFD avec IG.
Vous devez vous assurer que vous comprenez le fonctionnement des CFD et que vous pouvez vous permettre de prendre le risque élevé de perdre votre argent.
Les CFD sont des instruments complexes et présentent un risque élevé de perte rapide en capital en raison de l’effet de levier.