Comment se positionner face au Brexit ?

Alors que la possibilité d’un Brexit défraie la chronique, voici une analyse des principaux enjeux aussi bien en ce qui concerne l’économie que les marchés à l’approche du référendum.

Comment se positionner face au Brexit ?

L’éventualité d’un Brexit constitue une préoccupation majeure chez les investisseurs britanniques, notamment depuis la décision du maire de Londres, Boris Johnson, de prendre part à la campagne en faveur du retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne.

Cet événement ajoute une dimension politique au sujet. Beaucoup le voient comme un défi de taille pour David Cameron s’il veut légitimer son rôle de Premier ministre. À moins de quatre mois du referendum, il est important de comprendre les enjeux et les conséquences d’un tel vote sur les marchés financiers.

Au cours des élections du mois de mai 2015, David Cameron a créé la surprise en obtenant la majorité. Une victoire que les conservateurs doivent en partie aux promesses électorales du Premier ministre quant à son projet de renégocier les relations entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne, avant d’organiser un référendum sur la question du maintien au sein de l’Union. La conclusion des négociations qui se sont déroulées mi-février a été mitigée, David Cameron n’étant pas parvenu à obtenir tout ce qu’il voulait à l’issue de ces discussions. On peut toutefois supposer que le Premier Ministre avait fait le choix de placer la barre haute pour se laisser une marge de manœuvre au cours des négociations.

Voici les principales réformes adoptées après négociation :

  • Limitation des prestations pour les travailleurs migrants dans le cadre de l’imposition de l’état d’urgence. Cette mesure pourrait être jugée comme discriminatoire par la Cour de justice de l’Union Européenne
  • Calcul des allocations familiales en fonction du coût de la vie du pays de résidence
  • Exemption du Royaume-Uni d’une collaboration de plus en plus étroite avec l’UE
  • Dispositif de sécurité pour les pays ne faisant pas partie de la zone euro

La question est de savoir si ces mesures suffisent à apaiser les craintes des partisans d’un retrait de l’Union. La réaction de ces derniers semble indiquer que non. Les sondages montrent en effet un net basculement en faveur d’un retrait de l’UE. L’Option binaire mise en place par IG indique que l’éventualité d’un Brexit est envisageable à 33%, tandis que plusieurs sondages évaluent cette possibilité aux alentours de 40%.

Brexit poll chart

Impact économique sur le Royaume-Uni

Les conséquences sur l’économie du Royaume-Uni sont sujettes à de nombreuses controverses. Une des conséquences immédiates d’une sortie de l’UE serait probablement un ralentissement de l’économie britannique. Plusieurs sociétés s’interrogent déjà sur une éventuelle délocalisation de leur activité ou de leur personnel dans le cas d’un Brexit. À titre d’exemple, HSBC a annoncé que le groupe serait dans l’obligation de muter plus de 1000 salariés à Paris.

Concernant l’export, de nombreux acteurs économiques seraient dépendants de leur capacité à rétablir des accords de libre-échange avec les partenaires commerciaux du Royaume-Uni. Les exportations vers le Royaume-Uni ayant représenté plus de 2,5% du PIB en 2014, les intérêts économiques de la Zone Euro au Royaume-Uni sont indéniables. Si théoriquement, cet argument semble avoir suffisamment de poids pour mettre en place des accords de libre-échange, rien n’est moins sûr compte tenu de la controverse qui règne autour du Brexit.

Euro area exports chart

Plusieurs pays parmi les plus influents de l’Union Européenne affichent un excédent commercial avec le Royaume-Uni. Il leur serait donc sans doute tout aussi bénéfique de conclure des accords de libre-échange en cas de Brexit. Au total, la zone euro dans son ensemble affichait un excédent commercial proche de 1% en 2014.

Goods trade surplus chart

Impact sur le marché

La prise de position de Boris Johnson en faveur du « retrait » a contribué à imaginer ce qu’il pourrait se passer sur les marchés financiers dans le cas où un Brexit serait de plus en plus probable. La livre Sterling en serait la première victime, comme en a témoigné sa chute de près de 2% après l’annonce du maire de Londres.

Le rallye sur le FTSE 100 a lui aussi montré à quel point l’indice pouvait être décorrélé de l’économie britannique, une majorité des 100 entreprises composant l’indice étant basée ou tournée vers l’international. Curieusement, le FTSE 250 (qui est davantage centré sur le Royaume-Uni), a aussi vu un important gap se former en réponse à l’augmentation des probabilités d’un éventuel Brexit. De fait, la livre sterling est probablement un meilleur indicateur concernant le Brexit.

GBP/USD

Sur un graphique mensuel, nous avons constaté une détérioration majeure du GBP/USD sur ces quatre derniers mois, ramenant la paire sur la première des deux zones de support majeures (en gris). Il ne fait nul doute que la moindre augmentation des probabilités d’un Brexit, évoquée dans des sondages ou par les médias, entrainerait une poursuite de la baisse.

Le cours du GBP/USD se trouvant actuellement à l’extrémité inférieure de la première zone de support, une cassure sous les 1,4063$ pourrait entrainer une autre dévaluation brutale sur la seconde zone à 1,3682$-1,3504$. Cela dépendra toutefois de la tournure que prendra le débat. Au cours des 29 dernières années, les cours n’ont fait que quelques brèves incursions sous ces niveaux, la paire terminant toujours au-dessus des niveaux de cours actuels à la fin du mois.

Étant donné que, d’après les estimations actuelles le Royaume-Uni a plus de 60% de chance de rester dans l’Union Européenne, il y a de bonnes chances pour que les cours se laissent légèrement emporter par une nouvelle dévaluation. Par conséquent, tout passage en dessous des niveaux actuels, en dehors de la bande de Bollinger inférieure et dans la zone des 1,3682$-1,3504$, pourrait représenter une zone intéressante pour un rebond de cette paire. Plus particulièrement s’il est déclenché par un battage médiatique et une hystérie plutôt qu’une hausse significative des probabilités d’un Brexit.

GBP/USD chart

EUR/GBP

L’EUR/GBP a également reflété cette récente détérioration de la valeur du Sterling, avec un rallye d’environ 11% début décembre. Curieusement, nous avons constaté une cassure haussière de la résistance à 0,7764 £, qui a soutenu les cours tout au long de la période 2008-2015. Avec des cours maintenant au-dessus de ce niveau clé et de la bande médiane de Bollinger, une poursuite de la hausse n’est pas exclue.

Cependant, gardons en tête que les cours n’ont pas franchi la bande supérieure de Bollinger depuis près de sept ans. De ce fait, tout rallye vers la bande supérieure, alimenté par l’hystérie, pourrait également représenter une zone sensible et laisser penser que la paire est excessivement surachetée. La question est de savoir si chacun de ces mouvements a été accompagné d’une réelle augmentation des probabilités d’un Brexit, ou généré par une couverture médiatique accrue incitant les investisseurs à vendre la livre sterling.

EUR/GBP chart
 

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