Quand le positionnement fait plus que les fondamentaux
Le cours de l’EUR/USD se replie depuis Noël après être remonté au contact de ses sommets de l’été dernier, dans la zone des 1,18$. La paire vient de repasser sous la barre symbolique des 1,17$, autour de 1,168–1,169$ en ce début de semaine, un plus bas depuis le 10 décembre. Après une hausse d’environ +13,5% en 2025 (meilleure progression annuelle depuis 2017), ce retour de volatilité ressemble moins à un revirement macro qu’à une respiration après un mouvement devenu consensuel.
Aucun catalyseur fondamental ne justifie la récente baisse, ce qui laisse à penser que le positionnement joue un rôle dominant à court terme. Il faut dire que les positions spéculatives vendeuses sur le dollar avaient atteint un niveau extrême à l’automne dernier, et commencent désormais à diminuer depuis quelques semaines.
À cela s’ajoute un élément plus politique, mais que le marché traite déjà comme un actif financier à part entière : la succession de Jerome Powell à la Fed. La probabilité d’une nomination de Kevin Warsh progresse nettement, au détriment de Kevin Hassett, perçu comme plus accommodant. Dit autrement, le scénario d’une Fed très complaisante avec l’inflation est un peu moins certain qu’il ne l’était il y a encore quelques semaines. Dans un marché où tout le monde s’était aligné du même côté de la barque, ce simple doute suffit à faire tanguer l’ensemble.