Quand la concentration boursière devient un point de vulnérabilité
Le rebond de Wall Street depuis la fin novembre a une saveur assez étrange. Alors que les mastodontes technologiques font encore partie de la hausse (et restent au cœur des portefeuilles indiciels) ils sont devenus des sous-performeurs. Sur les dernières séances, on voit même un phénomène rare : l’indice S&P 500 peine à progresser alors que sa version « equal-weight » et le Russell 200 enchaînent les records. Tesla et Alphabet font figure d’exception, mais Apple et Microsoft sont de plus en plus sous pression, un signal peu banal à ce stade d’un cycle haussier.
Cette sous-performance depuis près de deux mois et depuis un plus bas du marché est suffisamment rare pour le souligner. L’indice US Fang d’IG illustre bien cette tension latente. La structure graphique se fragilise à mesure que l’indice revient tester la zone des 15 500 points. Les rebonds depuis ce niveau sont de plus en plus courts et manquent d’amplitude, ce qui traduit un affaiblissement de la conviction acheteuse. Dans ce type de configuration, le marché ne manque pas nécessairement d’acheteurs, mais ceux-ci hésitent à se dévoiler tant que le rapport risque-rendement ne s’améliore pas clairement. À l’inverse, les vendeurs savent qu’une rupture nette de ce seuil pourrait déclencher des ajustements mécaniques de positions, notamment du côté des stratégies systématiques et de contrôle de volatilité.