Le Russell 2000 a rebondi avec le marché en avril, mais son profil cyclique, la hausse du pétrole et le risque d’une Fed plus prudente augmente le risque de retracement.
Le Russell 2000 a rebondi avec l’ensemble des marchés en avril, mais contrairement au S&P 500 et au Nasdaq 100, qui ont poursuivi leur hausse la semaine dernière, il a consolidé avec les autres indices boursiers internationaux. Cette divergence s’explique en grande partie par sa faible exposition au thème de l’intelligence artificielle et sa sensibilité plus importante à la macro. Le Russell est surtout composé de petites et moyennes capitalisations américaines, notamment dans la finance et les biotechs, deux secteurs très dépendants des coûts de financement de court terme, ce qui rend l’indice beaucoup plus cyclique que les grands indices américains.
Or le paysage macro se dégrade quelque peu depuis la semaine dernière alors que les cours de pétrole rebondissent. Le Brent vient d'atteindre 114$, soit son plus haut niveau depuis 2022. Le Russell 2000 marque ainsi le pas comme la plupart des autres grands indices boursiers internationaux n'ayant pas une exposition importante à la tech comme le CAC 40, le DAX 40 ou encore le FTSE 100.
Cela dit, le retracement peut aussi se justifier pour des raisons techniques. L’indicateur Relative Strength Index (RSI) du Russell 2000 a récemment dépassé sa zone de surachat à 70. Ce signal n’est pas forcément baissier pour le S&P 500 ou le Nasdaq 100, mais il l’est plus régulièrement pour le Russell 2000, dont l’évolution ressemble davantage à des phases de "boom and bust" qu’à des tendances haussières linéaires. Les explosions haussières comme celles du mois d’avril sont généralement de courte durée et suivies par une période de consolidation, voire de retracement.
Les seules exceptions à cette règle apparaissent essentiellement lorsque le marché est en phase de "recovery" après une correction marquée (+15%), ou lorsque les politiques monétaire et budgétaire américaines soutiennent simultanément l’économie, comme en 2017 avec la baisse d’impôts massive de Trump, et en 2020 avec les nombreux plans de relance. Contrairement aux grands indices américains, le Russell 2000 a surtout besoin d’un assouplissement clair des conditions financières, d’une baisse crédible des taux réels et d’une amélioration du cycle du crédit pour surperformer. Sans ces trois éléments, ses rebonds ont tendance à être courts et rapidement vendus.
Ce n’est pas l’environnement macro actuel. Certes, la politique fiscale reste expansionniste, avec un déficit dépassant allègrement les 5%, et la politique monétaire ne semble pas tellement restrictive au vu de la résilience de l’inflation autour de 3%. Mais la réaccélération de l’inflation au cours des six derniers mois et les papiers de recherche de plus en plus nombreux faisant état d’une reprise des pressions inflationnistes pourraient pousser davantage de membres de la Fed à se préoccuper de l’inflation plus que du chômage.
Autrement dit, nous pourrions observer un léger pivot hawkish de la Fed au cours des prochains mois, ce qui, historiquement, pénalise le Russell 2000 pour les raisons évoquées plus haut. Dans ce contexte, le risque de sous-performance du Russell vis-à-vis du S&P 500 et du Nasdaq 100 me semble important, tout comme celui d’un retracement du récent rebond vers la moyenne mobile à 200 séances à actuellement 2 500 points.
Entrée : Short en dessous de 2750 points
Objectif : 2550 points
Stop : 2800 points
Risque/Rendement : >2
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