Nvidia publie des résultats et une guidance supérieurs aux attentes
Après plusieurs semaines d’attente, le marché vient de prendre connaissance des résultats trimestriels de Nvidia. Le groupe californien a publié des résultats supérieurs aux attentes pour le T4 2025, malgré des attentes particulièrement élevées compte tenu de son leadership dans les data centers pour l’IA. Le groupe a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 68,1 milliards de dollars, en hausse de 73 % sur un an et de 20 % sur un trimestre. Le bénéfice par action non-GAAP de 1,62 dollar a également dépassé le consensus, tandis que la marge brute est remontée à 75,2 %, ce qui valide l’amélioration du profil de coûts de Blackwell. Le free cash flow a atteint un record de 34,9 milliards de dollars sur le trimestre, ce qui illustre une capacité de conversion en cash rare à cette échelle.
Dans le détail, la performance reste très concentrée sur le Data Center, qui pèse désormais l’essentiel de l’activité, avec environ 62,3 milliards de dollars de revenus sur le trimestre. Point notable : le segment networking lié aux clusters IA (interconnexions à très haut débit) a fortement accéléré, autour de 11,0 milliards de dollars et +263 % sur un an, ce qui renforce la thèse d’une demande qui se déplace vers des architectures « rack-scale » complètes plutôt que vers la seule vente de GPU.
Le principal catalyseur reste le guidage pour le premier trimestre 2026, avec 78,0 milliards de dollars de revenus attendus (soit environ 8,3 % au-dessus du consensus), porté par l’accélération de la demande liée à l’IA agentique, la diversification de la clientèle et la forte progression de NVLink (technologie propriétaire d’interconnexion ultra-haut débit entre GPU dans les clusters IA). Nvidia anticipe par ailleurs une marge brute toujours très élevée autour de 75 % (guidance avec une marge d’erreur limitée).
Plusieurs points de vigilance demeurent toutefois : l’exclusion totale de la Chine du guidage « Data Center » (ce qui retire une source d’optionalité à court terme), la forte hausse des engagements d’approvisionnement à 95,2 milliards de dollars (principal risque opérationnel en cas de normalisation de la demande), la reclassification à venir des stock-based compensations (désormais intégrées aux métriques « non-GAAP » à partir du T1, ce qui impose de recalibrer les comparaisons), la croissance rapide des coûts opérationnels (dépenses opérationnelles en hausse d’environ 45 % sur un an en GAAP, et ~51 % en non-GAAP), et la volatilité potentielle liée au portefeuille d’investissements stratégiques (environ 22,25 milliards de dollars, avec un effet possible “mark-to-market” sur le GAAP).