Le rendez-vous politique crucial des élections de mi-mandat et la confiance liée aux performances boursières alimentent un flot d’annonce très dense du président américain.
On ne compte plus les annonces fracassantes ces dernières semaines, une grande partie d’entre elles étant destinées aux électeurs-consommateurs. Car dans les sondages et sur les sites de paris prédictifs aux Etats-Unis, le parti républicain est donné très largement perdant aux « midterms ». Et la confiance des consommateurs est très basse dans les enquêtes, plombée par les inquiétudes sur le pouvoir d’achat et le ralentissement du marché de l’emploi.
Au-delà d’un contexte géopolitique chargé, les annonces sur le plan domestique se sont multipliées ces dernières semaines. Et avec quelques effets sur les marchés.
La volonté de caper les taux d’intérêt à 10% sur les cartes de crédit vise à rendre du pouvoir d’achat aux consommateurs et à stimuler la demande…mais pourrait avoir les effets inverses. Si cette mesure entrait en vigueur, elle pourrait entraîner l'annulation des cartes de millions d'Américains, car les sociétés de cartes de crédit perdraient la capacité d'évaluer et d’intégrer correctement le risque de crédit subprime et les consommateurs qui se verraient refuser des cartes de crédit devraient alors se tourner vers des usuriers dont les taux et les conditions seront pires pour les emprunteurs…
Le risque in fine serait un impact sur la consommation, sur la croissance américaine…et sur les marges des banques. Et si les marges des banques et des sociétés financières sont impactées, alors les valorisations actuelles des actions de ces groupes sur les marchés sont trop élevées. C’est là que le risque marché ressurgit par rapport aux annonces de Donald Trump.
Même constat concernant la volonté du président américain d’interdire les achats de maisons individuelles par les institutionnels. Au-delà de l’effet d’annonce, à destination des Américains plus modestes, qui laisse penser que les institutionnels sont responsables des difficultés de l’accès au logement en raison de prix élevés, il est bon de rappeler que si l'on considère l'ensemble du parc de maisons individuelles (y compris celles occupées par leurs propriétaires), la part détenue par les institutionnels tombe à moins de 1 %.
Une annonce qui fait « mouche » auprès d’une partie de l’électorat…mais qui impacte aussi les cours de bourse d’entreprise comme Blackstone par exemple.
Il y a aussi le « teasing » entretenu depuis quelques semaines concernant le versement potentiel, sous forme de chèque de 2000$ d’une partie des droits de douane collectés. Une faisabilité qui interroge : la Cour Suprême doit encore rendre son verdict sur la légalité de ces droits de douane (même si l’administration Trump utilisera probablement d’autres recours pour les maintenir) et se pose ensuite la question de l’impact sur le marché obligataire car ces droits de douane sont perçus, par les marchés, comme une rentrée d’argent qui permet de réduire en partie le déficit américain et donc de réduire les montants à emprunter pour le Trésor. Une éventuelle décision de reverser les droits de douane aux américains serait bien perçue par l’électorat mais pourrait lifter un peu le taux longs américains par rapport à la question du poids de la dette américaine.
Reste enfin la pression renouvelée sur la Réserve fédérale et Jerome Powell, une façon de stigmatiser la banque centrale comme étant responsable de la perte de pouvoir d’achat d’une partie des américains via le niveau des taux. De quoi « draguer » une partie des électeurs en s’affichant comme un défenseur invétéré du pouvoir d’achat…
Les marchés ont, pour l’instant, réussi à absorber l’impact de la communication très forte de Jerome Powell ce week-end, qui a employé à plusieurs reprises les mot « menaces » et « pressions » de l’administration, après la décision du Département de la Justice.
Mais l’accumulation des annonces de Donald Trump ces derniers jours, doublée d’un environnement géopolitique sensible, pourraient commencer à peser sur le sentiment des investisseurs sur les actions américaines. Les marchés européens ont d’ailleurs mieux performé ces derniers jours que les marchés américains.
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