En plein milieu de l’été, les chiffres d’inflation CPI qui seront publiés mercredi aux Etats-Unis seront très scrutés par les investisseurs pour essayer de deviner les intentions de la Fed à la prochaine réunion.
Cela fait plus de 5 ans que l’inflation sous-jacente aux Etats-Unis (inflation « core CPI ») n’est pas retombée sous les 2%. Il faut remonter à mars 2021 pour retrouver ce chiffre d’inflation, qui mesure l’inflation hors alimentation et hors énergie, sous la barre des 2%.
Même si l’on sait que la Fed surveille plus particulièrement la mesure d’inflation PCE (une autre mesure de l’inflation aux Etats-Unis), l’inflation CPI reste une donnée d’inflation importante pour la Fed et les marchés financiers qui cherchent à anticiper le prochain mouvement de la Fed, alors que son nouveau président Kevin Warsh a enterré la « forward guidance », c’est-à-dire cette façon de communiquer qui permettait à la Fed de donner des indications aux marchés sur les opérations de politique monétaire à venir, notamment concernant le niveau de taux.
L’enjeu pour mercredi sera de voir si l’inflation sous-jacente CPI (« core CPI ») poursuit le reflux observé en juin. Il est bon de rappeler qu’entre février et mai, cette mesure d’inflation est passée de 2.5% à 2.9% avant de retomber à 2.6% en juin. L’inflation CPI globale (mesure d’inflation qui inclut l’alimentation et l’énergie) est, quant à elle, passée de 2.4% à 4.2% entre février et mai avant de se détendre un peu en juin à 3.5%.
La guerre en Iran a évidemment joué un rôle dans la poussée de l’inflation mais elle n’est pas responsable de toute l’inflation. Prenons par exemple le cas de l’inflation « core PCE », la mesure d’inflation la plus surveillée par la Réserve Fédérale, elle évoluait à 3% en février, largement au-delà de l’objectif de 2% de la Fed, et ce, avant même le déclenchement de la guerre en Iran.
Ce qui pousse certains « dissidents » à se faire entendre. Ces « dissidents » sont ceux qui étaient favorables à une hausse de taux de 25 points de base lors de la réunion de juillet, alors que la Fed a laissé sa fourchette de taux inchangée à 3.50%-3.75%. Parmi eux figure Neel Kashkari, et il déclarait la semaine dernière qu’il préférait « agir dès maintenant par petites étapes plutôt que d’attendre », ajoutant : « Le moment est venu de commencer à relever progressivement les taux d’intérêt ».
Avant le rapport sur l’emploi américain de vendredi, les probabilités de marché pour une hausse de taux de la Fed en septembre étaient de 55%, après le rapport sur l’emploi, relativement mitigé, ces probabilités ont baissé à 44%.
Mais si l’on observe ces mêmes probabilités pour décembre, le marché considère en ce début de semaine qu’il y a seulement 23% de chances pour un statu quo de la Fed sur ses taux d’ici la fin d’année et donc 77% de chances qu’elle relève ses taux.
La communication désormais volontairement restreinte de Kevin Warsh sur les intentions de la Fed va rendre les marchés encore plus « data dependent », c’est-à-dire dépendants des données économiques (inflation et emploi), au risque d’amplifier ses réactions si les chiffres publiés sont éloignés du consensus…
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