L’asymétrie semble techniquement redevenir en faveur des achats du S&P 500 à très court terme, mais les perspectives de moyen terme restent baissières.
La pression vendeuse s’est nettement renforcée la semaine dernière, avec un S&P 500 en baisse de 0,6% vendredi à 6 632 points, son plus bas niveau depuis le 21 novembre, et une troisième semaine consécutive de repli. Sur la semaine, l’indice a cédé 1,6%, contre -1,8% pour le Russell 2000, et évolue désormais à environ 5% de son record de clôture de fin janvier. Le mouvement reste d’abord piloté par le choc énergétique : le Brent évolue de nouveau au-dessus de 104$le baril, en hausse de plus de 40% depuis le début du mois, tandis que le détroit d’Ormuz demeure largement perturbé par les frappes, les menaces sur les terminaux et la présence de mines.
Néanmoins, Wall Street pourrait tenter un rebond technique de quelques jours cette semaine. Les indicateurs de participation décrivent un marché actuellement très survendu à court terme, avec 80% des composantes du Russell 3000 évoluent en dessous de sa moyenne mobile à 20 séances et le McClellan Oscillator tombant en zone d’extrême faiblesse -90. Autrement dit, la liquidation a été violente et très large sous la surface, ce qui augmente la probabilité d’un rebond tactique, même sans amélioration immédiate de la géopolitique.
L’intensité et surtout la durée de ce rebond dépendront toutefois presque entièrement du Moyen-Orient. Tant qu’aucun progrès tangible vers un cessez-le-feu ou une réouverture crédible du détroit d’Ormuz n’est obtenu, le rebond technique devrait être extrêmement limité puisque le marché restera confronté à un choc d’offre mondial. Le passage concentre environ 20% des flux mondiaux de pétrole et de gaz, et JPMorgan estime que les coupes d’offre pourraient approcher 12 millions de barils par jour d’ici la fin de la semaine prochaine, avec déjà 2 millions de barils/jour de capacités de raffinage régionales affectées. Le problème ne concerne pas seulement le brut, mais également le diesel, le kérosène, le GPL et ls fertilisants.
Chaque semaine supplémentaire avec un Ormuz bloqué accroît donc les risques de déficits physiques sur plusieurs chaînes énergétiques et industrielles, les pressions inflationnistes et donc les chances que les banques centrales recommencent à remonter leurs taux.
L’actualité autour du private equity et surtout du private credit américain mérite enfin une attention particulière, car elle explique une partie de la nervosité sur le NYSE et le secteur financier. JPMorgan a abaissé la valeur de certains portefeuilles de prêts utilisés comme collatéral par des acteurs du private credit, principalement exposés au software, dans un marché estimé à environ 2 000 milliards de dollars. Dans les véhicules cotés, les « Business Development Companies » se traitent en moyenne à seulement 0,78 dollar pour 1 dollar d’actif net déclaré, contre 0,85 dollar au début de l’année et près de 1 dollar début 2025.
En parallèle, plusieurs grands gérants ont dû limiter ou encadrer les retraits, tandis que les actions des plateformes cotées de private capital ont fortement corrigé cette année, notamment Blue Owl qui était encore en baisse d’environ 29% fin février, Ares de presque 31%, Blackstone de près de 27% et Apollo de plus de 26%. Cela ne signifie pas automatiquement risque systémique imminent, mais au minimum que le marché public applique désormais une décote croissante aux valorisations privées et à leur liquidité réelle.
En une phrase de synthèse : les indicateurs techniques internes plaident pour un rebond tactique à court terme, mais tant que le détroit d’Ormuz reste bloqué, ce rebond a de fortes chances d’être limité à quelques jours.
Entrée : Achat au-dessus de 6600 points
Objectif : 6800 points
Stop : 6550 points
Risque/Rendement : >1
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