La montée du risque autour du détroit d’Ormuz recrée une friction sur l’offre mondiale
Le prix du baril a rebondi depuis une dizaine de jours, dans un marché qui restait jusqu’ici dominé par les craintes d’une surabondance de l’offre avec la réouverture des vannes de l’OPEP. Ce rebond s’est opéré dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes autour du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % des flux mondiaux de pétrole et une part encore plus élevée du commerce maritime d’hydrocarbures. Ce n’est pas tant la perspective d’une interruption totale des flux qui inquiète que la montée graduelle du risque opérationnel : assurances, délais de livraison, reroutage des navires. Autrement dit, une friction supplémentaire sur l’offre mondiale, même sans barils physiquement perdus.
Les manifestations d’ampleur en Iran constituent un catalyseur central de cette nervosité. Elles accroissent la probabilité de frappes ciblées contre le régime, qu’elles soient israéliennes ou américaines, et donc le risque de représailles indirectes sur le trafic pétrolier. L’Iran dispose d’un levier géographique évident sur le détroit, mais aussi d’un levier stratégique plus subtil : faire monter le prix du risque sans franchir le seuil d’une escalade irréversible. De ce point de vue, les signaux contradictoires en provenance de Washington — entre temporisation diplomatique et renforcement visible de la présence militaire — entretiennent volontairement une zone grise qui nourrit la prime de risque.