Un choc politique ne fait pas un choc pétrolier
Les cours du pétrole se sont offert un petit moment de nervosité cette semaine après la capture de Nicolás Maduro par les États-Unis. Comme souvent dans ce genre de configuration, le marché a d’abord réagi de façon réflexe, en ajoutant une prime géopolitique express : +1,7 % lundi sur le WTI, avant de redescendre aussi vite dès mardi, une fois l’effet de surprise dissipé. Autrement dit, un classique mouvement « headline-driven » qui en dit souvent plus sur la psychologie des opérateurs que sur les fondamentaux réels.
Car derrière le bruit politique, l’équation pétrolière reste inchangée. Le Venezuela produit aujourd’hui autour d’un million de barils par jour, soit à peine 1 % d’un marché mondial qui dépasse les 105 millions de barils quotidiens. Même dans l’hypothèse optimiste d’un relâchement des sanctions ou d’une redirection partielle des flux vers les États-Unis, on parle davantage d’un jeu de chaises musicales entre acheteurs que d’une véritable augmentation de l’offre mondiale. Les annonces sur d’éventuels transferts de stocks peuvent faire bouger les prix à la marge, mais elles ne remplacent pas des investissements lourds, une stabilité institutionnelle durable et plusieurs années de travail pour remettre à niveau un appareil productif largement délabré.