Le gaz Henry Hub progresse modestement comparé au gaz TTF et au pétrole
Les cours du gaz naturel américain ne progressent que d’environ 5 % ce lundi matin, contre près de 20 % pour le TTF européen à 11h10, alors que les marchés réévaluent le risque de perturbation des flux énergétiques transitant par le détroit d’Ormuz après l’escalade des tensions au Moyen-Orient. Cet écart de réaction est notable. Il suggère que le marché américain du gaz continue, pour l’instant, d’intégrer un scénario plus local, porté par l’abondance de l’offre domestique et par une exposition indirecte au choc géopolitique, contrairement à l’Europe, beaucoup plus sensible à toute tension sur les flux mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL).
Pour autant, cette sous-réaction du gaz américain peut constituer une opportunité si la hausse du TTF se prolonge. Avec la montée en puissance des capacités d’exportation de GNL aux États-Unis ces dernières années, les marchés régionaux du gaz sont structurellement plus connectés qu’auparavant. Un maintien durable de primes élevées en Europe pourrait donc encourager des arbitrages commerciaux plus agressifs, avec des exportations américaines maximisées vers les zones où le prix marginal est le plus élevé. Dans ce cas, le différentiel de prix entre le gaz européen et le Henry Hub pourrait commencer à se refermer, non pas par une baisse du TTF, mais par une revalorisation du gaz américain, comme en 2022 lors de l’invasion russe en Ukraine.
Le gaz américain pourrait aussi bénéficier indirectement d’une nouvelle envolée du pétrole. Si les prix du brut poursuivent leur hausse, l’écart de compétitivité entre pétrole et gaz se creuserait davantage, rendant le gaz relativement plus attractif dans certains usages industriels et énergétiques. Autrement dit, plus le baril monte, plus l’incitation économique à substituer du pétrole par du gaz augmente là où cette flexibilité existe. Ce mécanisme n’est ni immédiat ni uniforme selon les secteurs, mais il renforce malgré tout le biais haussier potentiel sur le gaz américain en cas de choc énergétique prolongé.