Des fondamentaux sectoriels adaptés au régime macro-financier actuel
Malgré un environnement politique, géopolitique et monétaire particulièrement instable, l’indice britannique poursuit une trajectoire régulière depuis le début de l’année. Le FTSE 100 affiche une progression d’environ +2,8% en monnaie locale, et de près de +5,5% en dollars, contre moins de +1% pour le S&P 500 sur la même période. Cette surperformance n’est pas le fruit d’un regain d’optimisme macroéconomique, mais d’une structure d’indice qui répond bien au régime actuel des marchés.
Alors que la tech sous-performe les marchés depuis quelques mois, le FTSE 100 profite de sa surexposition aux valeurs de « rendement ». La finance représente près d’un quart de sa capitalisation, suivie par la consommation de base, la santé, les matériaux et l’énergie. Dans ce contexte, la pentification progressive des courbes de taux observée depuis 2024 reste un soutien clé pour le secteur bancaire. Avec des taux longs britanniques autour de 4,1% à 10 ans, les banques peuvent recycler leurs fonds propres à des rendements plus élevés. Plusieurs établissements visent désormais des retours sur fonds propres tangibles (ROTE) compris entre 15% et 18% à horizon 2027, contre moins de 10% en moyenne avant le cycle de resserrement monétaire.
Le FTSE 100 dispose par ailleurs d’une exposition plus réduite mais asymétrique à certaines thématiques structurelles. Rolls-Royce et BAE Systems bénéficient directement de la hausse durable des budgets de défense, avec des carnets de commandes couvrant plusieurs années de chiffre d’affaires. Ces segments sont moins sensibles au cycle monétaire et apportent une visibilité que l’on retrouve peu ailleurs dans les indices développés. Les secteurs défensifs, comme la santé et la consommation, continuent quant à eux de jouer un rôle d’amortisseur lors des épisodes de stress.