Le rebond du dollar ressemble à un mouvement refuge de court terme, mais le cadre de moyen/long terme reste plus favorable à des nouveaux plus hauts de l’EUR/USD.
L’EUR/USD recule depuis le début de la semaine dans le sillage du rebond des cours du pétrole, alors que les tensions géopolitiques se sont quelque peu retendues. Après trois semaines de détente et beaucoup d’enthousiasme de la part des opérateurs, la saisie de pétroliers iraniens par les États-Unis, le blocage dans la foulée du détroit d’Ormuz ce week-end, puis l’annulation des pourparlers au Pakistan ont ravivé les craintes d’une prolongation du conflit.
Comme répété à plusieurs reprises, des à-coups dans les négociations sont à prévoir, mais le pivot coordonné de Washington et de Téhéran depuis le début du mois suggère toujours que le « pain point » a probablement été atteint et que les deux camps jugent désormais qu’une désescalade est préférable à une nouvelle montée incontrôlée des tensions. Cette lecture continue de me sembler plus probable qu’un retour au régime d’escalade observé en mars. Par conséquent, je ne vois pas le repli de l’EUR/USD comme le début d’un retournement baissier durable.
Surtout, l’audition de Kevin Warsh devant le Sénat pour confirmer sa nomination comme successeur de Jerome Powell à la tête de la Fed renforce les doutes sur son indépendance vis-à-vis de l’administration Trump. Le point important n’est pas seulement que Kevin Warsh ait changé de ton sur l’inflation, mais aussi que son parcours public donne l’image d’un responsable dont les vues monétaires ont souvent varié en fonction du parti au pouvoir à la Maison-Blanche. Warsh s’était montré particulièrement inquiet du risque inflationniste en 2008 et 2009, lors du mandat d’Obama, alors même que l’économie américaine traversait sa plus grave crise depuis la Grande Dépression des années 1930 : le chômage augmentait fortement et l’inflation restait très faible, voire négative selon certains indicateurs. Plus récemment, Warsh s’était dit « puzzled » par les baisses de taux de 2024, mais appelle désormais à des baisses de taux de la Fed alors même que l’inflation est plus élevée et réaccélère sous l’effet des droits de douane, de la politique migratoire et de la guerre avec l’Iran.
Non seulement cette politisation croissante, perçue comme telle, de la Fed risque d’éroder la confiance des investisseurs internationaux dans le dollar et dans les Treasuries, mais elle pourrait aussi compliquer la tâche de Kevin Warsh au sein même de l’institution. En effet, les décisions monétaires sont prises à la majorité, et Warsh devra convaincre des collègues qui, pour la très grande majorité, ne partagent ni son historique intellectuel ni sa nouvelle lecture, très favorable, des effets désinflationnistes de l’intelligence artificielle.
Entre les anticipations accrues de baisse de taux et la perte d’indépendance de la Fed, le dollar risque donc d’être sous pression à moyen et long terme. Toutefois, même si le dollar recule, cela ne se fera pas en ligne droite. Lorsque les tensions géopolitiques se retendent, le dollar reste, pour le moment, la devise refuge par excellence. Autrement dit, l’évolution à court terme de l’EUR/USD dépendra davantage des tensions géopolitiques que de la Fed.
Techniquement, la configuration de l’EUR/USD reste haussière à court terme à la suite de la récente sortie par le haut d’un « triangle symétrique ». Le retour de l’EUR/USD sur sa moyenne mobile à 200 jours offre une opportunité de se positionner à l’achat en vue d’un rebond vers les plus hauts à 1,19-1,20 dollar. En cas de réescalade incontrôlée des tensions géopolitiques, un retour de l’EUR/USD à 1,14 dollar semblerait toutefois logique.
Entrée : Achat entre 1,16-1,17$
Objectif : 1,19$, puis 1,20$
Stop : 1,1550$
Risque/Rendement : >1
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