Le cuivre reste porté par l’électrification et l’IA, tandis que les tensions sur l’acide sulfurique renforcent le risque d’offre au Chili.
Le Cuivre a poursuivi son ascension au-dessus de 6,20 dollars la livre, revenant à proximité de ses plus hauts historiques, porté par une combinaison assez rare de facteurs favorables. D’un côté, les investisseurs continuent de réviser à la hausse les besoins liés à l’intelligence artificielle, à la modernisation des réseaux électriques et à l’électrification industrielle. De l’autre, le marché commence à intégrer une contrainte d’offre plus immédiate, moins visible que les fermetures de mines, mais potentiellement très importante, puisque la Chine a décidé de stopper ses exportations d’acide sulfurique à partir de mai, alors que cet intrant est essentiel dans une partie de la production de cuivre par lixiviation.
Cela dit, le cuivre n’est plus une idée contrariante au sens classique du terme. Le mouvement est déjà très avancé, et le risque principal n’est probablement pas d’avoir tort sur la thèse structurelle, mais d’acheter trop haut un actif dont la prime de rareté est désormais bien visible. La thèse reste néanmoins robuste, car elle ne repose pas uniquement sur une amélioration cyclique de la Chine ou sur un simple rebond des métaux industriels. Elle repose surtout sur le fait que l’économie numérique devient une économie électrique, et que le développement des infrastructures d’IA requiert une quantité importante de matériaux dont du cuivre, à l’intérieur des centres de données, des transformateurs, des câbles, des sous-stations et des réseaux plus denses.
Dans ce scénario, le cuivre pourrait continuer de bénéficier d’un double soutien. L’Agence internationale de l’énergie estime que la consommation électrique mondiale des centres de données pourrait plus que doubler d’ici 2030 pour atteindre environ 945 TWh, avec une croissance annuelle d’environ 15% entre 2024 et 2030, soit un rythme nettement supérieur à celui du reste de la demande électrique. Le point important n’est donc pas seulement la demande directe des data centers en cuivre, mais l’effet en chaîne sur les réseaux, les équipements électriques, les capacités de raccordement et la modernisation des infrastructures.
Les nouvelles contraintes sur l’offre rendent le trade plus asymétrique, car le Chili, premier producteur mondial de cuivre, est particulièrement exposé à l’acide sulfurique chinois. Reuters indique que 37% des importations chiliennes d’acide sulfurique viennent de Chine, alors que plus de la moitié de la production chilienne de cuivre raffiné dépend de procédés de lixiviation. Le même article précise qu’aucune cargaison chinoise n’a été envoyée vers le Chili en mars 2026, contre 151 268 tonnes en mars 2025, ce qui donne une première indication concrète du resserrement.
Techniquement, je traiterais donc le cuivre comme une idée d’achat sur repli ou breakout. La zone 5,95-6,05 dollars la livre me paraît être le premier point d’entrée intéressant en cas de repli, avec un renforcement possible en cas de breakout du plus haut de janvier à environ 6,30-6,35 dollars. Dans ce cas, un retour vers 6,60-6,80 dollars deviendrait crédible, tandis qu’un scénario plus tendu sur l’acide sulfurique et la production chilienne pourrait ouvrir la voie à 7,20-7,30 dollars. En revanche, une cassure sous 5,70 dollars en clôture hebdomadaire invaliderait cette lecture tactiquement haussière et suggérerait que le marché a trop rapidement capitalisé la contrainte d’offre.
Notons enfin que le cuivre reste très sensible à la perception de la croissance mondiale. Un reflux durable du pétrole, une détente du dollar et une amélioration des indicateurs industriels chinois renforceraient probablement le trade. À l’inverse, une normalisation rapide des flux d’acide sulfurique ou une déception sur la demande chinoise réduiraient la prime actuelle.
Entrée : Achat au-dessus de 6,30$
Objectif : 7,00$
Stop : 5,90$
Risque/Rendement : 2
Avertissement : IG fournit exclusivement un service d’exécution d’ordres. Les informations ci-dessus sont issues d’un prestataire externe et ne sont fournies qu’à titre indicatif. Elles ne constituent pas un historique de nos cotations. IG se dégage de toute responsabilité concernant l’utilisation qui en est faite et des conséquences qui en résultent. IG ne peut garantir que l’information fournie ci-dessus soit complète ou exacte et se dégage donc de toute responsabilité quant aux risques encourus par toute personne agissant sur la seule base de ces informations. Veuillez noter que ces informations ne prennent nullement en compte la situation financière et les objectifs d’investissement spécifiques aux personnes qui les reçoivent. Enfin, ces informations n’ont pas été conçues pour répondre aux exigences légales en matière d’indépendance de la recherche sur l’investissement. Il est strictement interdit de reproduire ou de distribuer tout ou partie de ces informations à des fins commerciales ou privées.
Toute opinion, annonce, recherche, analyse ou autre information et tous prix ci-dessus sont fournis par Valentin Aufrand à titre de recommandation générale, rédigés et/ou validés et n’ont pas valeur de conseil d’investissement personnalisé et/ou individuel. Valentin Aufrand ne saurait être tenu responsable de toute perte ou tout dommage, incluant sans limitation des pertes de gain, qui pourrait découler directement ou indirectement de l’utilisation ou de la prise en compte d’une telle information. Le contenu de cette analyse est fourni dans le seul but d’aider les investisseurs à prendre des décisions d’investissement indépendantes. Valentin Aufrand a pris toute mesure raisonnable pour s’assurer de la précision de l’information dans ses analyses et ne sera pas tenu responsable de toute perte ou tout dommage résultant directement ou indirectement du contenu.