AWS reste le juge de paix de la trajectoire de valeur
L’action Amazon évolue sans tendance marquée depuis près d’un an, comme si le marché avait volontairement mis entre parenthèses la dynamique haussière engagée fin 2022. Depuis février 2025, le titre consolide, pris en étau entre deux sources d’incertitude bien identifiées : d’un côté, l’impact direct et indirect de la hausse des droits de douane décidée par l’administration Trump, de l’autre, le questionnement croissant sur la rentabilité économique des investissements massifs consentis dans l’intelligence artificielle.
Sur le plan commercial, Amazon figure parmi les premiers groupes exposés aux nouvelles barrières tarifaires. Le sujet dépasse toutefois la simple mécanique de hausse des coûts. La vraie variable d’ajustement réside dans la capacité de la plateforme à arbitrer entre marges, volumes et compétitivité des vendeurs tiers. Une partie des hausses de coûts est absorbée, une autre répercutée, mais l’enjeu central reste la préservation de la fluidité de l’écosystème. Toute dégradation durable de l’élasticité de la demande pèserait à la fois sur les commissions, la publicité et, in fine, sur la rentabilité consolidée du groupe.
À cette contrainte s’ajoute un débat autour du cloud et de l’IA. Les investisseurs s’interrogent de plus en plus ouvertement sur le calendrier de retour sur investissement des dépenses engagées par les hyperscalers. Amazon n’échappe pas à ce scepticisme, d’autant que le groupe a assumé une trajectoire de capex particulièrement ambitieuse ces derniers trimestres. Dans ce contexte, la publication des résultats prévue jeudi 29 janvier constituera un test de crédibilité, au même titre que celles de Microsoft (28/01) et d’Alphabet (04/02). Le marché cherchera moins une performance ponctuelle qu’une lecture claire de la trajectoire d’AWS, cœur de la création de valeur du groupe.