Viridien a déjà rebondi, mais si le désendettement continue et que la transition se confirme, le titre présente encore une marge de « re-rating » importante.
Si l’entreprise Viridien ne vous est pas familier, c’est normal. L’entreprise anciennement connu sous le nom de CGG a changé de nom en 2024 pour marquer un changement de stratégie important. Le groupe cherche à passer d’un dossier cyclique, compliqué, endetté, dépendant du pétrole à une plateforme de géosciences, de données sous-sol et de calcul haute performance beaucoup plus disciplinée financièrement.
C’est cette transformation toujours en cours qui rend le dossier intéressant aujourd’hui. Le marché continue encore, en partie, de valoriser Viridien comme une survivance de l’ancienne CGG, alors que les chiffres montrent déjà autre chose. En 2025, le groupe a publié 1,165 milliard de dollars de chiffre d’affaires segment, en hausse de 4%, un EBITDA ajusté de 551 millions, en hausse de 21%, un résultat net de 71 millions, en hausse de 40%, et surtout 107 millions de dollars de net cash-flow, au-dessus de son objectif annuel. Pour une entreprise longtemps perçue comme trop endettée pour que l’actionnaire bénéficie réellement du redressement, ce point change beaucoup de choses. Le dossier n’est plus seulement une histoire de survie ou de refinancement. Il commence à devenir une histoire de création de valeur.
Le premier élément intéressant est l’amélioration de la qualité du business. Viridien n’est plus simplement une valeur parapétrolière cyclique exposée à la dépense sismique traditionnelle. Une part croissante de sa valeur vient désormais de ses activités de « Data, Digital & Energy Transition », avec 444 millions de dollars de revenus pour Geoscience en 2025, en hausse de 10%, et 406 millions pour « Earth Data », en hausse de 6%. Ce point est important, car le marché a longtemps vu CGG comme un modèle lourd en actifs, très cyclique et consommateur de capital. Viridien essaie de sortir de cette case en s’appuyant davantage sur des métiers de données, d’imagerie et de calcul, plus techniques, plus différenciés et potentiellement mieux valorisés. C’est aussi ce qui rapproche partiellement le groupe d’acteurs comme TGS sur la donnée, tout en le distinguant encore des grands parapétroliers généralistes comme SLB, Baker Hughes ou Halliburton, dont la taille, la diversification et la qualité perçue restent supérieures. Si ce basculement devient crédible aux yeux du marché, la revalorisation peut continuer.
Malgré l’amélioration du business, la valorisation reste relativement modeste. À horizon 2026, Viridien traite autour de 11,5 fois les bénéfices attendus, contre environ 28 fois pour TGS, 19 fois pour SLB, 25 fois pour Baker Hughes et 17 fois pour Halliburton. Cette décote devrait progressivement diminuer si le groupe prouve qu’il mérite d’être lu comme un actif de technologie appliquée au sous-sol plutôt que comme un simple reliquat de l’ancienne CGG.
Le troisième élément, c’est le bilan, qui reste lourd mais s’améliore. Viridien a terminé 2025 avec une dette nette de 888 millions de dollars contre 921 millions en 2024. Cette amélioration commence à porter ses fruits puisque S&P a relevé la note long terme du groupe à “B” en avril, avec perspective stable. Cela peut sembler secondaire, mais sur une valeur longtemps critiquée pour son bilan, la baisse graduelle du risque perçu compte presque autant que la progression des résultats, car le cout du capital diminue.
Il faut malgré tout rester lucide sur ce que Viridien est aujourd’hui. Ce n’est pas une valeur de croissance linéaire. Le management a prévenu que le premier semestre 2026 pourrait être plus mou en raison de la volatilité récente des prix de l’énergie, avant une amélioration attendue au second semestre. Toute la question est la suivante : le groupe est-il en train de construire une nouvelle base de rentabilité et de cash-flow, ou 2025 n’était-il qu’un bon cru conjoncturel ?
Si Viridien continue à générer autour de 100 millions de dollars de net cash flow, à réduire sa dette et à confirmer que le ralentissement du début 2026 reste transitoire, alors le titre peut profiter non seulement de la hausse des bénéfices, mais aussi d’un rerating progressif vers des multiples moins pénalisés par son passé.
Avertissement : IG fournit exclusivement un service d’exécution d’ordres. Les informations ci-dessus sont issues d’un prestataire externe et ne sont fournies qu’à titre indicatif. Elles ne constituent pas un historique de nos cotations. IG se dégage de toute responsabilité concernant l’utilisation qui en est faite et des conséquences qui en résultent. IG ne peut garantir que l’information fournie ci-dessus soit complète ou exacte et se dégage donc de toute responsabilité quant aux risques encourus par toute personne agissant sur la seule base de ces informations. Veuillez noter que ces informations ne prennent nullement en compte la situation financière et les objectifs d’investissement spécifiques aux personnes qui les reçoivent. Enfin, ces informations n’ont pas été conçues pour répondre aux exigences légales en matière d’indépendance de la recherche sur l’investissement. Il est strictement interdit de reproduire ou de distribuer tout ou partie de ces informations à des fins commerciales ou privées.
Toute opinion, annonce, recherche, analyse ou autre information et tous prix ci-dessus sont fournis par Valentin Aufrand à titre de recommandation générale, rédigés et/ou validés et n’ont pas valeur de conseil d’investissement personnalisé et/ou individuel. Valentin Aufrand ne saurait être tenu responsable de toute perte ou tout dommage, incluant sans limitation des pertes de gain, qui pourrait découler directement ou indirectement de l’utilisation ou de la prise en compte d’une telle information. Le contenu de cette analyse est fourni dans le seul but d’aider les investisseurs à prendre des décisions d’investissement indépendantes. Valentin Aufrand a pris toute mesure raisonnable pour s’assurer de la précision de l’information dans ses analyses et ne sera pas tenu responsable de toute perte ou tout dommage résultant directement ou indirectement du contenu.