Une correction de l’action Thalès liée aux flux de marché, pas à une dégradation des fondamentaux
Les actions des industriels européens de la défense se replient ces derniers jours, malgré l’escalade sans précédent des tensions au Moyen-Orient. L’action du géant français Thales recule d’environ 7 % en seulement trois séances, dans le sillage de Rheinmetall en Allemagne, Leonardo en Italie ou encore BAE Systems au Royaume-Uni.
Ces ventes généralisées, qui touchent presque l’intégralité des valeurs de l’EuroStoxx 50 à l’exception du secteur de l’énergie, traduisent avant tout des mouvements de liquidation de portefeuilles visant à dégager des liquidités. Cette correction ne doit donc pas être interprétée comme un assombrissement des perspectives, bien au contraire.
Les développements géopolitiques devraient, en réalité, soutenir les entreprises européennes de l’armement pour plusieurs raisons. D’une part, les groupes américains disposent déjà de carnets de commandes remplis sur plusieurs années et peinent à accroître leurs capacités de production. La diminution des stocks d’armement de l’armée américaine avec le nouveau conflit avec l’Iran devrait encore allonger les délais de livraison, créant des opportunités pour les acteurs européens.
D’autre part, le conflit au Moyen-Orient met en lumière certaines limites opérationnelles des équipements américains et israéliens, ce qui pourrait inciter plusieurs pays à diversifier leurs fournisseurs et à renforcer leurs systèmes de défense par une approche multi-couches.
Sur le plan technique, l’action Thales redevient intéressante, le titre se rapprochant d’un support clé situé autour de 220 €, niveau sur lequel il avait déjà rebondi en septembre et en décembre derniers. Ce seuil correspond également à la borne basse du range dans lequel l’action évolue depuis plus d’un an, entre environ 220 et 275 euros. Un retour sur cette zone offrirait ainsi un point d’entrée attractif, avec un risque relativement limité.