À 14 fois les bénéfices prospectifs, Salesforce semble représenter une opportunité de type « Quality » à une valorisation de type « Value », mais les résultats du 27 mai seront cruciaux.
Le marché offre actuellement l’un des leaders mondiaux des logiciels d’entreprise à environ 14 fois les bénéfices prospectifs, soit une valorisation plus proche de celle d’une banque régionale moyenne que d’une entreprise de croissance ou disposant d’un fort avantage concurrentiel. Cette décote s’explique par la montée des craintes depuis plusieurs mois autour des nouveaux outils d’intelligence artificielle, notamment Claude Code et OpenAI Codex, qui pourraient réduire les barrières à l’entrée dans certaines parties de l’industrie logicielle. L’inquiétude n’est pas totalement infondée, car l’IA peut rendre le développement logiciel plus rapide, moins coûteux et plus accessible, mais elle semble aujourd’hui excessive au regard de la qualité du modèle économique de Salesforce, de sa valorisation actuelle et des chiffres récemment publiés.
À ce stade, Salesforce ne montre pas de signes tangibles de fragilisation de son activité par l’intelligence artificielle, bien au contraire. L’entreprise continue d’afficher une croissance à deux chiffres, une marge opérationnelle élevée, un free cash-flow massif et une traction commerciale déjà visible autour de ses propres solutions d’IA. Le marché semble donc valoriser le titre comme si l’IA représentait essentiellement une menace pour les éditeurs de logiciels, alors que les premiers éléments disponibles suggèrent aussi un potentiel de renforcement de l’écosystème existant. Peut-être que le marché a raison, mais cela n’est pas encore visible dans les fondamentaux.
Les derniers résultats publiés par Salesforce confirment que l’entreprise reste très loin d’un modèle en déclin structurel. Le chiffre d’affaires a atteint 11,2 MdsUSD au quatrième trimestre de l’exercice 2026, en hausse de 12% sur un an, avec des revenus d’abonnement et de support de 10,7 MdsUSD, en progression de 13%. Le carnet de revenus contractés reste solide, puisque le current Remaining Performance Obligation (cRPO), c’est-à-dire les revenus contractés qui devraient être reconnus dans les douze prochains mois, a atteint 35,1 MdsUSD, en hausse de 16%.
Dans le même temps, l’entreprise commence à capitaliser sur l’IA avec Agentforce et Data 360, deux produits qui pourraient prolonger la durée de vie de son avantage concurrentiel plutôt que l’éroder. Salesforce indique que l’Annual Recurring Revenue (ARR), soit le revenu récurrent annualisé, d’Agentforce a atteint 800 MUSD, en hausse de 169% sur un an. Agentforce et Data 360 dépassent ensemble 2,9 MdsUSD d’ARR, tandis que plus de 29 000 deals Agentforce ont été conclus depuis le lancement, en hausse de 50% sur un trimestre. Le point le plus intéressant vient toutefois de la base installée, puisque plus de 60% des réservations Agentforce et Data 360 du quatrième trimestre proviennent d’expansions chez des clients existants. Cela suggère que l’IA pourrait renforcer l’effet de verrouillage de Salesforce au lieu de cannibaliser ses anciens produits.
La thèse d’investissement repose ainsi sur une combinaison assez rare entre qualité du modèle, valorisation comprimée et option de réaccélération encore peu valorisée. Salesforce possède d’abord une base installée difficile à déplacer, car ses outils sont intégrés dans les processus commerciaux, le service client, le marketing, les données, les tableaux de bord et les flux de travail des grandes entreprises. La société génère ensuite suffisamment de cash pour soutenir le titre, avec un programme de rachats d’actions porté à 50 MdsUSD, soit environ un tiers de sa capitalisation boursière actuelle, ainsi qu’une hausse du dividende annoncée avec les résultats. Enfin, l’IA crée une option de croissance supplémentaire qui ne semble pas pleinement reflétée dans le cours actuel.
Le principal risque pour cette thèse serait que Salesforce reste durablement coincé dans une trajectoire de croissance organique à un chiffre, sans preuve suffisante que l’IA améliore la dynamique du groupe. Ce débat va prendre une importance particulière lors de la prochaine publication, car les résultats trimestriels du 27 mai seront les premiers depuis la montée en puissance de Claude Code et d’OpenAI Codex dans le débat sur la disruption des éditeurs de logiciels.
À mon sens, le marché intègre déjà une bonne partie de ce scepticisme, puisque le titre s’échange à seulement 14 fois les bénéfices prospectifs. Salesforce ressemble aujourd’hui à une opportunité Quality à une valorisation Value et si les résultats du 27 mai surprennent à la hausse, les analystes pourraient revoir à la hausse leurs objectifs de prix, déjà très élevé à environ 270$ soit 50% plus élevé.
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