Un modèle économique fondé sur les volumes, pas sur les prix
Le point clé tient à leur modèle économique. Contrairement aux producteurs, ces entreprises ne dépendent pas directement du prix du pétrole ou du gaz, mais principalement des volumes qui transitent dans leurs infrastructures.
On est donc face à un modèle de type « péage énergétique ». Les revenus proviennent en grande partie de commissions contractuelles, souvent de long terme, parfois indexées à l’inflation. Cela ne supprime pas toute cyclicité, mais les flux de trésorerie sont nettement plus stables que dans l’amont.
Depuis la sortie du Covid, les États-Unis ont profondément renforcé leur rôle dans l’équilibre énergétique mondial. Ils sont devenus le premier exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL), et la demande internationale reste solide, notamment en Europe et en Asie.
Les nouvelles tensions au Moyen-Orient viennent ajouter une couche supplémentaire. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % des flux mondiaux de pétrole et de GNL, est aujourd’hui fortement perturbé, poussant certains pays asiatiques à reconsidérer l’énergie fossile américaine.
L’offre américaine continue d’ailleurs de progresser. La production de pétrole et de gaz naturel augmente structurellement, et l’environnement de prix reste compatible avec le développement de nouveaux projets, notamment dans le bassin Permian. Le WTI à horizon un an reste au-dessus du coût marginal de production, ce qui maintient des incitations à investir, même dans un cadre de discipline du capital.
Un actif hybride entre rendement, résilience et exposition macro
Tout cela mène à croire que les volumes devraient continuer de croître, ce qui est l’élément central pour le midstream. C’est là que se situe l’intérêt en termes de diversification, puisque même si les prix de l’énergie restent volatils, les revenus du secteur sont en grande partie contractualisés. Certaines infrastructures bénéficient également de mécanismes d’indexation, ce qui peut offrir une protection partielle dans un régime d’inflation plus élevé.
Le secteur n’est pas pour autant totalement découplé. Il reste exposé aux volumes, aux conditions de financement et, indirectement, à la dynamique du secteur amont. Mais la volatilité des résultats reste significativement plus faible que celle des producteurs.
Enfin, un dernier point mérite d’être souligné. Si le contexte géopolitique empire et qu’une vague d’inflation d’ampleur venait effectivement à se matérialiser dans les prochains mois, le dollar devrait continuer d’être recherché pour son statut de valeur refuge. Dans ce cas, une exposition à des actifs libellés en dollar, comme les infrastructures énergétiques américaines, ajouterait une couche supplémentaire de protection au portefeuille, au-delà même des caractéristiques propres au secteur.
En 2022, lorsque les principaux indices boursiers internationaux corrigeaient de 20% ou plus, l’ETF MLPS a progressé d’environ 35%, sans retracement significatif.
Graphique journalier du cours de l’ETF Invesco Morningstar US Energy Infrastructure MLP UCITS (MLPS) :