... mais Microsoft reste l’un des rares dossiers hybrides de l’IA
L’autre intérêt du dossier tient à sa position dans la chaîne de valeur de l’IA. Beaucoup de sociétés cotées sont soit un pari sur l’infrastructure, soit un pari sur les applications. Microsoft est positionné sur les deux. D’un côté, Azure capte directement la hausse des besoins en puissance de calcul, en stockage et en services cloud. De l’autre, le groupe peut monétiser l’IA dans le logiciel avec Copilot dans Microsoft 365, GitHub Copilot et, à terme, toute une couche d’agents intégrés aux workflows des entreprises. Cela donne au titre une forme de couverture naturelle. Si l’IA délivre fortement, Microsoft peut gagner à la fois sur l’infrastructure et sur les usages. Si la monétisation des applications prend plus de temps, le groupe conserve malgré tout une exposition directe à la demande en cloud. Peu de très grandes capitalisations offrent aujourd’hui ce profil.
Techniquement, l’action Microsoft a également retrouvé une asymétrie en revenant tester son plus bas d’avril 2025 à environ 310€. Le couple rendement/risque favorise les achats au-dessus de ce seuil. Un rebond au-delà de la résistance à 360€ pourrait renforcer les flux acheteurs tandis qu’un repli en dessous pourrait générer des flux techniques vendeurs plus importants.
En résumé, la baisse de Microsoft me paraît avoir été rationnelle. Mais avec un titre revenu à « seulement » 22 fois ses bénéfices prospectifs et proche de son plus bas d’avril 2025, le dossier redevient intéressant pour le moyen et le long terme. Le vrai enjeu des prochains trimestres est désormais clair : montrer que l’IA n’est pas une menace pour son modèle, mais au contraire un levier supplémentaire pour renforcer ses avantages concurrentiels. Si Microsoft y parvient, le potentiel de revalorisation redeviendrait significatif, d’autant que l’objectif de cours moyen des analystes ressort d’ores et déjà à 512 euros, soit environ 56% au-dessus du niveau actuel.