La troisième raison est l’alignement extraordinaire du management. La banque reste profondément contrôlée par la famille fondatrice, avec Frank B. Holding Jr. au poste de Chairman et CEO. Sa rémunération, élevée en absolu (~10 millions de dollars), reste modeste à l’échelle du patrimoine familial investi dans la société (>4 milliards de dollars). Cet alignement ne garantit pas la bonne exécution, mais il augmente grandement les chances que les décisions prises servent réellement les actionnaires.
Une asymétrie correcte aujourd’hui, mais bien meilleure sous 1700$
La thèse bullish n’est évidemment pas sans menaces. Le management a reconnu une pression persistante sur la marge nette d’intérêt, avec un NIM de 3,20 % au quatrième trimestre 2025 contre 3,26 % au trimestre précédent, et le marché reste focalisé sur cette dérive. Une partie des dépôts est aussi liée à des clientèles plus mobiles, notamment dans le private equity et le venture capital, deux segments plus sensibles à un environnement économique dégradé.
Reste enfin la question de l’asymétrie. À environ 1890$ (1580€), First Citizens se traite autour de 1,13x ses capitaux propres tangibles par action de fin 2025 (à 1674$). Pour une banque capable de racheter massivement ses actions, de traverser les cycles avec discipline et de rester rentable malgré la pression sur les marges, ce multiple ne paraît pas exigeant. Pour un horizon de 6 à 12 mois, l’asymétrie me semble favorable, mais de façon modérée. Néanmoins, en dessous de 1700$ (< ~1480€), c’est-à-dire proche des capitaux tangibles, le couple rendement/risque redeviendrait nettement plus attractif.