La valorisation redevient attractive sur BNP malgré un contexte macro incertain
L’action BNP Paribas a reculé de plus de 10% par rapport à son record du 27 février (veille de la guerre US/Israël-Iran). Ce repli a été généralisé aux marchés financiers, et particulièrement aux banques, car le conflit pose un réel risque de réaccélération de l’inflation et donc de remontée des taux directeurs. Or, une hausse des taux directeurs augmente en théorie le coût de financement des banques.
Dans les faits, la réalité est plus nuancée. Les plus grandes banques européennes disposent d’une base de dépôts très abondante et n’ont pas réellement besoin de se refinancer sur les marchés pour soutenir leur activité. Le lien entre hausse des taux et dégradation mécanique des marges est donc loin d’être systématique.
Dans ce contexte, le trou d’air observé sur les banques européennes a surtout eu pour effet de comprimer les valorisations, ramenant BNP à des niveaux faibles en absolu, mais également relativement faibles par rapport à son historique.
Sur le plan absolu, le titre s’échange à seulement 7 fois ses bénéfices prospectifs des douze prochains mois, un niveau inférieur à sa moyenne des dix dernières années. Sur le plan relatif, BNP se traite à plus d’un écart type en dessous des régressions linéaires entre le ROE et les multiples de valorisation (P/B et forward P/E).
Autrement dit, le marché valorise aujourd’hui BNP comme une banque dont la rentabilité serait structurellement sous pression. Pourtant, avec un retour sur capitaux d’environ 10%, la valorisation implicite devrait plutôt se situer autour de 1,0 fois l’actif tangible et 9 fois les bénéfices prospectifs, ce qui renvoie à un potentiel de revalorisation vers 105€.