Bank OZK conserve les traits d’un compounder bancaire, mais le marché reste focalisé sur son exposition au crédit immobilier commercial.
Les banques ne sont pas beaucoup appréciées des investisseurs particuliers, encore moins les banques régionales américaines, souvent perçues comme trop cycliques, trop opaques ou trop dépendantes de la trajectoire macroéconomique. Avec les craintes récurrentes sur la croissance, les taux et le crédit, ce désintérêt peut toutefois créer des situations intéressantes lorsque des établissements encore rentables se traitent proche de leurs capitaux tangibles, alors que leur rentabilité justifierait théoriquement des multiples plus élevés.
C’est actuellement le cas de Bank OZK, une banque régionale basée en Arkansas. L’évolution boursière n’a rien de spectaculaire, puisque le titre oscille depuis cinq ans sans véritable tendance durable. Pourtant, malgré un contexte difficile, la banque reste rentable, continue à faire grossir ses capitaux tangibles et ne bénéficie plus du premium qu’elle obtenait auparavant. Alors qu’il y a cinq ans le marché lui accordait environ 1,4 fois ses capitaux tangibles, il ne lui accorde aujourd’hui plus aucune prime.
La raison de cette décote est assez simple, puisque le marché reste très sceptique envers sa division spécialisée dans les crédits immobiliers commerciaux et de construction (Real Estate Specialties Group) qui a longtemps été le moteur de la rentabilité de la banque. La hausse des taux, la pression sur l’immobilier de bureaux, les projets de life sciences et certains actifs de développement ont transformé ce qui était auparavant perçu comme une spécialité rentable en source de suspicion.
Malgré les craintes, OZK continue d’enregistrer une marge nette d’intérêt supérieure à l’industrie (4,33% en 2025 contre 3,39% pour les institutions assurées par la FDIC au quatrième trimestre). Son ratio d’efficacité, qui mesure les coûts rapportés aux revenus, est également meilleur (35,6% en 2025, contre 55,7% pour l’industrie). Cette combinaison d’une marge élevée et d’une structure de coûts légère donne à OZK plus de capacité pour absorber des pertes de crédit sans immédiatement détruire son capital.
Le risque n’est toutefois plus seulement théorique, puisque plusieurs crédits RESG ont pesé sur la qualité d’actifs en 2025, mais les pertes nettes sur prêts restent là aussi inférieures à la moyenne de l’industrie (0,5% contre 0,62%).
Ce qui rend la thèse plus constructive, c’est que la banque ne reste pas immobile face à cette défiance. La part de RESG dans les prêts est passée de plus de 70% à 54,4% fin 2025, puis à 52,1% au premier trimestre 2026, avec l’objectif de passer sous 50% courant 2026. En parallèle, la division Corporate & Institutional Banking (CIB), dédiée à la banque d’entreprise et institutionnelle, devient le relais stratégique du groupe. À fin 2025, elle représentait déjà 16,3% du portefeuille, contre 9,0% un an plus tôt.
Même si le risque n’a pas disparu, la valorisation semble déjà en refléter une bonne partie, puisque le titre se traite autour de sa valeur comptable tangible par action, proche de 46-47 dollars. Depuis 2021, OZK a racheté 20,8 millions d’actions pour 859 MUSD à un prix moyen de 41,29 dollars, soit environ 16,1% des actions en circulation fin 2020, et le dividende a été relevé pendant plus de 60 trimestres consécutifs. Le marché ne paiera probablement pas 1,2 ou 1,3 fois les fonds propres tangibles tant que le crédit RESG reste dans l’angle mort, mais si les prochains trimestres montrent une stabilisation des prêts non performants, une normalisation des pertes et une poursuite de la diversification vers CIB, le titre peut raisonnablement revenir vers 55-58 dollars.
À l’inverse, si les crédits problématiques ne sont que les premiers d’une série plus large, la thèse change immédiatement, car le marché ne regardera plus la marge d’intérêt, l’efficacité opérationnelle ou les rachats d’actions, mais uniquement la protection du capital tangible. OZK pourrait alors revenir sous sa valeur comptable tangible, probablement dans les bas 40 dollars, voire plus bas en cas de nouvelle provision importante. Au final, Bank OZK ressemble moins à un “deep value” évident qu’à une option raisonnable sur la normalisation du crédit, avec une asymétrie qui devient surtout intéressante sous 46-48 dollars, et plus encore vers 42-44 dollars si aucun nouvel accident de crédit ne remet en cause la valeur tangible.
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