Destitution de Donald Trump : enquête Mueller, Pompeo… l’affaire prend de l’ampleur

Lancée il y a à peine une semaine, la procédure de destitution du président des Etats-Unis connaît déjà son lot de rebondissements. Après la publication, jeudi dernier, de la plainte du lanceur d’alerte, qui a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat, le département d’Etat américain a révélé hier, que le secrétaire d’Etat Mike Pompeo avait assisté à la conversation du 25 juillet entre Donald Trump et le président ukrainien à la source de la procédure d’Impeachment. Une situation que M. Pompeo n’avait jusqu’à présent jamais évoqué alors qu’il s’est exprimé sur l’entretien téléphonique des deux chefs d’Etat à plusieurs reprises.

Une coopération australienne embarrassante

Autre révélation d’importance : selon une information du New York Times, dévoilée hier soir, l’Australie aurait proposé à Washington d’apporter son aide pour recueillir des informations en vue de discréditer l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016.

Canberra s’est empressée de réagir par voie de communiqué, son gouvernement se déclarant « toujours prêt à apporter son soutien et à coopérer avec tous les efforts nécessaires pour aider à éclairer des sujets sous le joug d’une enquête ». « Le Premier ministre a de nouveau confirmé cette volonté dans une conversation avec le président [des Etats-Unis] », précise son porte-parole.

En réalité, M. Trump aurait plus largement chargé le Procureur général des Etats-Unis, William Barr, de multiplier les contacts avec des chefs d’Etat étrangers afin de déterminer l’origine de l’investigation relative à l’ingérence russe. C'est en tout cas ce qu'a reconnu lundi le département de la Justice américain, indiquant au Wall Strret Journal que certains « ukrainiens, qui ne font pas partie du gouvernement » ont volontairement délivré des informations au parquet américain.

D’après le WSJ, qui évoque notamment une visite de Mike Pompeo en Italie, d’autres pays auraient participé à cet effort, mais le département de la Justice aurait refusé de révéler leur identité.

Assignation de Giuliani

Concernant la procédure de destitution, les commissions de la Chambre des Représentants en charge de l’enquête d'impeachment ont sommé hier l’avocat de Donald Trump, ex-maire de New York, Rudy Giuliani, de leur fournir tous documents relatifs à ses échanges avec l’Administration Trump concernant l’Ukraine d’ici au 4 octobre.

Guiliani, qui n’a pas d’autre choix que de s’exécuter, a indiqué qu’il donnerait à cette assignation à comparaitre « la considération adéquate », relevant que la procédure était « seulement signée par des présidents [de commission] démocrate, qui ont déjà préjugé de ce cas ». Ce dernier, qui avait d’abord nié avoir demandé à Kiev d’enquêter sur Hunter Biden, a ensuite reconnu qu’il avait sollicité l’aide de l’Ukraine, accusant les Biden d’être impliqués dans un scandale de corruption.

Giuliani n'est que le premier sur la liste. D’autres « acteurs » des relations diplomatiques entre Washington et Kiev devraient être bientôt assignés à comparaître, comme l’ancienne Ambassadrice des Etats-Unis en Ukraine, Marie Yovanovich, l’ex envoyé spécial en Ukraine Kurt Volker, et l’Ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Union européenne, Gordon Sondland.

Riposte de Trump

Devant ce flot de rebondissements – qui donnent une nouvelle ampleur à l’impeachment en dessinant de potentielles ramifications entre l’enquête « Mueller » et l’affaire initiale « ukrainienne » - le président des Etats-Unis mène une contre-attaque de communication particulièrement violente à l'encontre des Démocrates.

Lundi, il s’en est directement pris à Adam Schiff, qui préside la commission du Renseignement de la Chambre des représentants et supervise la procédure d’impeachment. Trump a demandé sur twitter son arrestation pour « trahison », l’accusant de ne pas avoir fidèlement reproduit sa conversation avec le président ukrainien.

La procédure de destitution à l’encontre du 45e président des Etats-Unis a été ouverte par la Chambre des représentants à majorité démocrate après qu’un lanceur d’alerte, membre de la CIA, a pointé du doigt une conversation téléphonique entre le locataire de la Maison Blanche et le président ukrainien, sur la base de laquelle le premier pourrait être destitué pour trahison.

Mise en accusation démocrate et « procès » républicain

Dans cet entretien, dont une retranscription a été rendue publique par la Maison Blanche la semaine dernière, Donald Trump aurait exercé des pressions pour que l’Ukraine enquête sur son opposant démocrate Joe Biden et son fils Hunter, qui a siégé au conseil d’administration de la compagnie gazière Burisma, lorsque son père était vice-président de Barack Obama.

La mise en accusation du président, dont le dossier est actuellement en cours de constitution par trois commissions du Congrès, doit faire ensuite l’objet d’un vote de la Chambre des représentants pour être validée. Cette dernière étant à majorité démocrate, la première étape de cette procédure a de grandes chances d’être validée.

En revanche, le lancement des enquêtes et du procès à proprement parlé n’intervient que dans un second temps. Sur ce dernier point, c’est le Sénat à majorité républicaine qui a la main, puisque pour que la destitution soit prononcée, un vote aux deux tiers est nécessaire. Dans ce contexte, les pièces du dossier devront donc être particulièrement solides pour que les Républicains, sans alternative sérieuse à Donald Trump pour la prochaine présidentielle, acceptent in fine de condamner leur président.

Une affaire Biden ?

Du côté du camp démocrate, la procédure de destitution n’est pas non plus dénuée de tout risque. Car la plainte déposée par le lanceur d’alerte de la CIA jette également un trouble sur les agissements de Joe Biden lorsqu’il était vice-président de l’Administration Obama, et l’éventualité d’un conflit d’intérêt avec les affaires de son fils, l’entreprise Burisma étant réputée proche du Kremlin.

Mentionnée dans la lettre du lanceur d'alerte, la mise à pied d’un procureur urkainien qui pourrait avoir enquêté sur Burisma et Hunter Biden à la demande de Joe Biden pose question. Elle pourrait mener à l’ouverture d’une enquête du parquet fédéral à l’encontre du principal opposant démocrate de Trump. Cependant, d’après Bloomberg, cette enquête était dormante depuis plus d’un an lorsque le procureur a été limogé, et elle ne visait pas spécifiquement le fils du vice-président. Le nouveau procureur urkainien, qui a repris l’enquête sur l’entreprise, a déclaré au Washington Post qu’Hunter Biden n’avait « enfreint aucune règle ukrainienne. ».


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