Brexit : Londres quitte l’Union européenne ce soir, le risque d’un hard brexit demeure

Ce soir, à minuit, le Royaume-Uni ouvre une nouvelle page de son histoire et met fin avec le Brexit à 47 années d’aventure européenne. Entamé en 2016, lorsque la majorité des citoyens britanniques se sont prononcés par voie de référendum pour ce singulier destin, le divorce entre Londres et Bruxelles se concrétise dans quelques heures, après trois années et demi d'un douloureux périple.

Initialement prévu le 29 mars 2019, le Brexit a été repoussé trois fois : le texte d’accord encadrant cette sortie a été rejeté à autant de reprises par le Parlement britannique l’année dernière, pour finalement contraindre Theresa May, la chef du gouvernement conservateur, à céder sa place au sulfureux Boris Johnson. L’ancien Maire de Londres a su habilement tourner à son avantage l’exacerbation de l’opinion publique en remportant les élections générales anticipées grâce à une promesse simple : « Get Brexit done ».

Et elle fut tenue : fort de sa majorité confortée, Johnson est parvenu à négocier avec Bruxelles les aspects les plus délicats du Brexit en s’accordant sur un régime spécial pour l’Irlande du Nord, à faire valider le tout dans la foulée par Westminster, et à concrétiser ce divorce ce soir. A partir de demain, le Royaume-Uni n’aura plus aucun pouvoir décisionnaire au sein des instances européennes. A Bruxelles et Strasbourg, les élus britanniques du Parlement et de la Commission européenne ont fait leurs cartons.

Une période de transition expresse

En réalité, le quotidien des citoyens et de l’essentiel des acteurs économiques britanniques et européens ne connaîtra aucun changement avant l'année prochaine. C’est une période de transition de onze mois qui s’ouvre le 1er février pendant laquelle le Royaume-Uni et l’Europe des 27 doivent négocier les différents aspects de leur relation future au sens le plus large, avec en tête de liste la base légale de leurs échanges commerciaux, les questions de sécurité… et la pêche.

Ténue vue l’ampleur des dossiers, la période de transition peut faire l’objet d’une extension d’une ou deux années si les deux parties s’entendent sur ce point d’ici au 1er juillet prochain, mais le scénario est peu probable, Boris Johnson ayant toujours rejeté cette option. Ce que craignent donc une partie des observateurs, c’est que le divorce consommé se solde in fine en un Brexit hard, avec des deals commerciaux a minima assortis d’une conséquente distanciation politique et diplomatique – un scénario maintes fois redouté par les marchés ces derniers mois.

Car Boris Johnson pourrait continuer de surfer sur une ligne populiste et anti-libérale, lui qui a promis aux Britanniques que sa politique économique « post-Brexit », présentée en mars prochain, sera « radicale ». Même s’il devrait faire davantage preuve de pragmatisme une fois entré dans le vif du sujet…

Le scénario de « semi hard brexit » de Berenberg

En ce sens, c’est un "semi hard-Brexit " qu’anticipe Holger Schmieding, Chief Economist de Berenberg. D’ici à la fin de l’année 2020, « le Royaume-Uni et l’UE ne devraient parvenir qu’à un accord a minima pour assurer l’essentiel des échanges commerciaux de marchandises sans friction, avec une coopération plus approfondie dans une poignée de secteurs. Pour beaucoup de services, nous ne devrions obtenir que des mesures provisoires semblables aux préparatifs entamés en 2019 pour palier au choc d’un potentiel scénario de sortie sans accord », explique-t-il dans une note de marché consacrée à l'Europe post Brexit.

Pour l’économiste, si des négociations approfondies devraient s’inscrire ensuite plus largement dans le temps, au bout du compte, la future relation entre Londres et Bruxelles ne devrait pas être plus intime que celle que l’Europe entretient actuellement avec le Canada.

Conséquences économiques

Un futur qui coûtera a priori plus économiquement à Londres qu’à Bruxelles, prévoit Holger Schmieding. Selon lui, le Brexit devrait faire chuter à moyen terme la croissance britannique à 1,6-1,7%, ce qui correspond aux dernières prévisions de la BoE à l’horizon 2022. Mais pour les deux prochaines années, la banque centrale est plus pessimiste, avec une hausse de PIB de seulement 0,8% en 2020 et de 1,4% en 2021.

L’Union européenne va pour sa part perdre une contribution annuelle de 10,6 milliards d’euros de la part de son ancien partenaire, une somme qui ne représente en réalité que 0,08% du PIB des 27, indique Berenberg, qui souligne par ailleurs que « si l’UE va perdre un accès privilégié à l’un de ses principaux marchés […] les pertes devraient être globalement compensées par des réorientations commerciales, d’investissements et de migrants qualifiés du Royaume-Uni vers l’Union européenne ».

Au final, la période de négociation qui s’ouvre entre les deux parties ces prochains mois devrait être assez similaire à ces deux dernières années pour les marchés financiers : les probabilités d’un brexit hard restent encore grandes ouvertes, et le suspense demeure sur les contours de leurs relations commerciales et diplomatiques.

A quelques heures d’une date historique, toutefois, les cambistes veulent croire à une fin heureuse : la livre sterling célèbre à sa manière le Brexit, en progressant ce soir de 0,3% face à la monnaie unique. La paire EUR/GBP s’échange 0,8407 £ ce vendredi à 17h.


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