Les meilleures actions françaises à acheter en 2020

Avec Vincent Boy, analyste marché IG

L’année 2020 annonce de nombreux défis pour les marchés après un cru 2019 particulièrement exceptionnel pour les actions françaises et européennes. Entre élections américaines, mise en œuvre du Brexit, négociations commerciales et tensions géopolitiques, les prévisionnistes financiers ont échafaudé une myriade de scénarios.

Malgré un ensemble de risques, la majorité anticipent une année globalement clémente pour les indices boursiers, notamment européen, après une année où les investisseurs institutionnels se sont faiblement exposés aux actions. Sur le CAC 40, une petite dizaine de valeurs retiennent particulièrement l’attention des analystes pour l’année à venir parmi les meilleurs actions françaises à acheter en 2020. Trois d’entre elles tirent en particulier leur épingle du jeu. Voici lesquelles :

1. Total

Généreuse avec ses actionnaires et tournée vers l’après-pétrole, TOTAL SA apparaît dans la sélection d’actions françaises de plusieurs banques et établissements de notation.

Si les prévisions des prix du gaz et du pétrole sont moins gourmandes que pour l’or (Goldman Sachs anticipe une baisse du cours dans les prochaines semaines vers les 63$ le baril de Brent), un handicap pour les résultats de Total, la compagnie séduit pour sa politique de distribution de dividendes et sa stratégie d’avenir qui repose sur le recentrage vers les énergies renouvelables et la concentration de ses activités pétrolières en Afrique.

Pour Berenberg et Barclays, la société est celle qui tire son épingle du jeu dans le secteur dont le cours offre un bon potentiel de valorisation à moyen terme.

Un 3e trimestre impacté par la baisse des cours

Les résultats de son 3e trimestre ont bien sûr été impactés par la chute des prix du gaz européen (-54% par rapport à la même période en 2018) et de l’or noir (-18%), mais le groupe français est parvenu à largement limiter la casse à la faveur d’investissements « modestes », mais rentables, et de la progression de ses ventes de GNL (+20%).

Le résultat net de Total sur cette période a chuté de 24% à 3,02 milliards de dollars, et de 17% sur les neufs premiers mois de l’année, mais son cash-flow n’a baissé que de 2% à 7,4 milliards de dollars tandis que son flux de trésorerie d’exploitation a grimpé de 43% à 8,2 milliards de dollars.

En matière de production, celle des hydrocarbures a atteint 3,04 millions de barils par jour au 3e trimestre (+8%), portée par le démarrage d’un ensemble de projets en Russie, en Australie, en Grande-Bretagne et en Afrique. Celle de GNL a grimpé de 45%, également liée aux nouveaux sites russes et australiens.

Côté finances, sa marge brute d’autofinancement a augmenté de 7% sur un an, la rentabilité des capitaux propres s’est établie à 10,3% contre 11,9% sur la même période en 2018.

Le groupe poursuit un programme de réduction d’actifs de 5 milliards de dollars sur la période 2019-2020 (1,6 ont été réalisés à fin septembre).

Un objectif d’augmentation de dividendes de 5 à 6%

Le groupe a par ailleurs annoncé de quoi satisfaire ses actionnaires : une hausse de 6% de son 3e acompte sur dividende pour 2019, à 0,68€ par action (détaché le 30 mars prochain), et la confirmation de son objectif d’augmentation de dividende de 5 à 6% par an. Il poursuivra son programme de rachats d’actions de 5 milliards de dollars sur la période 2018-2020 avec un montant cumulé prévu à fin 2019 de 3,25 milliards de dollars.

Ces derniers mois, Total a poursuivi ses investissements pétroliers, comme en Lybie avec la signature d’un accord de prise de participation de concessions avec la National Oil Company, ou en Angola sur des puits offshore, mais aussi en Norvège, au Royaume-Uni, au Brésil et au Guyana.

Un certain nombre de projets d’envergure sont également en cours en matière de GNL, tels qu’une nouvelle prise de participation dans Mozambique LNG, le lancement d’Artic LNG2 en Russie, et un investissement en Inde avec le conglomérat Adani.

En matière d’énergies renouvelables, le groupe a démarré la construction d’une 3e centrale solaire au Japon, annoncé une alliance sur le marché de la distribution d’énergie solaire en Chine, acquis quelque 500 MW de nouveaux projets d’électricité bas carbone sur le territoire français. Cette semaine, Total a également annoncé sa participation aux côtés de Svante, LafargeHolcim et Oxy Low Carbon Venture, dans l’étude d’un projet de captage de CO2 à dimension industrielle aux Etats-Unis.

Analyse technique : un potentiel de hausse important vu les prix du pétrole

Le cours de Total a progressé de 8,50 % en 2019 après 7,55 % sur l’année 2018. Depuis le point bas observé en février 2016, correspondant également au plus bas observé sur le cours du pétrole depuis 2003, le titre a même grimpé de plus de 76%.

Graphique de l’action Total : 2015-2020

Graphiquement, le potentiel haussier reste entier, compte tenu des prix du pétrole et de la solidité de la stratégie de Total. Ainsi, la confirmation du récent dépassement du seuil des 50€ et de l’extension de Fibonacci de 161,8% (baisse de juin 2014 à février 2016) à 49,17€ devrait permettre de poursuivre la tendance et de rejoindre le plus haut historique sur la valeur situé à 53,18 euros.

Le dépassement de ce dernier pourrait conduire à une poursuite du mouvement en direction de la résistance l’oblique située actuellement sur le seuil des 57 euros par action.

L’action Total en bref

  • Cours de l’action (07/01/20) : 50,11€
  • Progression y/d : +6,05%
  • Progression 5 ans : +22,87%
  • + haut 2019 : 49,47 €
  • + bas 2019 : 47,39 € (11/12)
  • Capitalisation (08/01/20) : 130,33 Md€
  • PER 2019 (prévisions) : 12,5x – Rendement 2019 : 5,28%
  • PER 2020 (prévisions) : 10,8x – Rendement 2020 : 5,51%

2. Pernod Ricard

Acteur historique des vins et spiritueux, Pernod Ricard figure parmi les actions françaises préférées des analystes en 2020. Ces dernières années, le Français a su déployer un portefeuille équilibré à l’international, avec des positions fortes sur les marchés européens, asiatiques et américains et 62,6% de son chiffre d’affaires réalisé par son pôle de marques de spiritueux et champagnes calibrés pour l’export (Absolut, Jameson, Ballantine’s, Havana Club, Chivas Regal, Malibu…).

L’Asie (principalement la Chine et l’Inde) et les Etats-Unis portent aujourd’hui les principales ambitions du groupe, qui mise sur la montée en gamme de ses produits, et le potentiel des marchés chinois et outre-Atlantique pour se développer. De plus, en poursuivant son désendettement et son programme de rachats d’actions, Pernod Ricard devrait continuer de séduire les investisseurs, juge Barclays.

Ambitions chinoises et américaines

Le Français poursuit l’objectif ambitieux de doubler sa part de marché en Chine à l’horizon 2025. Aux Etats-Unis, qui représentent déjà près de 30% de son chiffre d’affaires, la prise de participation dans les whiskys Rabbit Hole et le rachat de Firestone & Robertson devraient lui permettre de grandir davantage.

Au troisième trimestre, il a toutefois enregistré un ralentissement de sa croissance, même si les résultats sont ressortis globalement en ligne avec ses perspectives. Pernod Ricard, qui anticipe une progression de 8% de son résultat opérationnel courant, a vu ses ventes croître de 15% en Asie sur les neuf premiers mois de l’année, avec +21% pour la Chine et +19% pour l’Inde.

La tendance du « sans alcool »

Emboitant le pas de son concurrent Diageo, en avance sur ce segment, le groupe français se renforce par ailleurs dans les spiritueux non alcoolisés. Son gin sans alcool, le Ceder’s, qui a rencontré un certain succès aux Etats-Unis, voit cette année sa commercialisation élargie à une dizaine d’autres pays, dont la France.

Pernod a aussi démarré il y a plusieurs semaines la vente d’un whisky sans alcool ay Royaume-Uni (Celtci Soul) et un vin très faiblement alcoolisé en Australie avec sa filiale Jacob’s Creek. Le marché de ces boissons est particulièrement intéressant pour l’industrie, puisqu’il échappe à la fiscalité élevée de l’alcool.

Analyse technique : entre risque et potentiel élevé

Le cours de Pernod Ricard évolue non loin de ses plus hauts historiques mais conserve un potentiel haussier à moyen terme. A court terme, des risques restent présents et pourraient laisser le cours de l’action sous pression.

Graphique de l’action Pernod Ricard – 2015-2020

Graphiquement, celui-ci est venu casser le support oblique et cela pourrait donner lieu à une correction à court terme en direction du retracement de Fibonacci de 23,6% (hausse de septembre 2015 à septembre 2019) à 154,86€. La cassure devrait donner lieu à un retour sur le plus bas récent situé à 148,97 euros et pourrait offrir un point d’entrée intéressant sur le titre.

En cas de maintien dans le canal ou de retour après la correction évoquée plus haut, le titre devrait reprendre une tendance haussière en direction du plus haut historique à 177,40€ puis vers la résistance oblique située actuellement sur les 183 euros. Par la suite, le seuil des 200€ apparait comme un objectif naturel à moyen terme, ce qui impliquerait une progression de 25% par rapport au cours du 8 janvier.

L’action Pernod Ricard en bref

  • Cours de l’action (07/01/20) : 160,55€
  • Progression y/d : +15,07%
  • Progression 5 ans : +76,65%
  • + haut 2019 : 162,60 € (11/12)
  • + bas 2019 : 159 € (19/12)
  • Capitalisation (08/01/20) : 42,32 Md€
  • PER 2019 (prévisions) : 29,6x – Rendement 2019 : 1,93%
  • PER 2020 (prévisions) : 23,8x – Rendement 2020 : 2,10%

3. Airbus

Egalement au podium des meilleures actions françaises à acheter en 2020, le fleuron de l’aéronautique européen avait pourtant mal démarré l’année 2019, forcé à abandonner la production de son A380 en février et confronté en conséquence à des réductions et annulations de commandes (Qantas Aiways, Emirates). Qui aurait pu parier, il y a encore dix mois, qu’Airbus reprendrait dans ce contexte la place de numéro un du marché au détriment de son concurrent américain ?

L’annus horribilis de Boeing est depuis passée par là. Après deux crashs de ses modèles 737 Max, le constructeur a dû clouer au sol l’une de ses principales vaches à lait de l’aérien commercial, a accusé une perte de plusieurs millions de dollars, et ouvert un boulevard à Airbus pour récupérer au passage de belles commandes.

Résultat des courses : l’avionneur européen a livré 863 appareils en 2019, soit 7,9% de plus qu’en 2018 avec 800 appareils livrés. Fort d’une série de mille nouvelles commandes, il devrait capitaliser sur un rythme de production soutenu en 2020, et même en 2021.

JP Morgan anticipe une forte hausse du BPA

Dernier appel d’offres notoire remporté en date, celui de Qantas Airways – la même compagnie qui avait annulé ses commandes d’A380 menant in fine Airbus à stopper sa production, devrait acheter une douzaine d’A350-1000 à Airbus au détriment des B777-8X de Boeing, un contrat juteux estimé à 3,9 milliards de dollars.

Dans ce contexte, les observateurs financiers sont très confiants concernant le potentiel de valorisation de son titre boursier, et l’état de ses finances. JPMorgan anticipe un bénéfice par action en hausse de 80% entre 2019 et 2023.

Avec un objectif de cours à 155 euros, Barclays l’a retenue parmi ses valeurs européennes préférées pour la période 2020. La banque est séduite par les bonnes perspectives de flux de trésorerie du groupe, et une décote toujours importante par rapport à Boeing.

Analyse technique : les déboires de Boeing et la croissance du marché en catalyseurs

Le titre Airbus a progressé de près de 60% sur l’année 2019 sur fond d’espoir commercial, de tension chez son principal concurrent Boeing et de progression du marché, notamment en Asie.

D’un point de vue graphique, le cours de l’action Airbus se situe sur les plus hauts de juillet 2019, non loin du plus haut historique situé à 137,46 euros. Nous anticipons un retour sur ce dernier avant un probable dépassement en direction de la résistance oblique, située actuellement sur les 146€.

Par la suite, le titre devrait rejoindre l’extension de Fibonacci de 161,8% (hausse de décembre 2018 à juillet 2019) située à 169,35 euros.

Graphique de l’action Airbus : 2017-2020

L’action Airbus en bref

  • Cours de l’action (07/01/20) : 132€
  • Progression y/d : +59,21%
  • Progression 5 ans : +204,27%
  • + haut 2019 : 133,28 € (27/12)
  • + bas 2019 : 124 € (11/12)
  • Capitalisation (08/01/20) : 104,37 Md€
  • PER 2019 (prévisions) : 23,6x – Rendement 2019 : 1,57%
  • PER 2020 (prévisions) : 18,9x – Rendement 2020 : 1,93%


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