Comment investir sur les acquisitions digitales ?

Les sociétés technologiques acquièrent d’autres entreprises afin d’alimenter leur croissance et d’élargir leur offre. Ces rachats ont souvent un impact significatif sur le cours des actions du secteur. Vous trouverez ici tout ce que vous devez savoir avant de vous lancer dans le trading des acquisitions digitales.

Google
Source : Bloomberg

À une époque où des entreprises telles qu’Amazon et Google (Alphabet) peuvent passer, en quelques mois ou années, d’un garage dans un quartier résidentiel à une position susceptible de bousculer des industries valant plusieurs milliards de dollars, les grandes entreprises cherchent souvent à protéger (ou parfois développer) leurs intérêts au travers d’acquisitions.

Ainsi, les acquisitions d’une entreprise digitale peuvent fournir des indices quant à sa stratégie et son orientation globale. De nombreux analystes utilisent ce genre d’informations comme un élément d’analyse fondamentale, leur servant à apprécier la valeur future de la société. C’est pour cette raison que les acquisitions peuvent avoir une influence significative sur le cours des actions des entreprises concernées ainsi que sur celui de leurs concurrents. Voici comment vous pouvez profiter au mieux de ces mouvements de cours :

Examinez le coût de l’acquisition

Les acquisitions peuvent parfois s’avérer très coûteuses car les entreprises doivent souvent s’acquitter d’une prime (un coût additionnel supérieur à la valeur du marché) afin d’écarter d’éventuels concurrents et de conclure la transaction d’achat. Dans le secteur des technologies, ces primes peuvent être particulièrement élevées. En effet, des entreprises comme Apple, Facebook et Google possèdent d’importantes réserves de liquidités et rivalisent entre elles dans de nombreux secteurs différents.

Pour les investisseurs qui souhaitent tirer parti des mouvements de cours accompagnant une acquisition via le trading sur CFD, le coût d’achat et celui de la prime sont les facteurs déterminants à prendre en considération. Ces deux éléments peuvent indiquer de quelle manière le cours des actions de l’entreprise acheteuse et celui de l’entreprise cible sont susceptibles d’évoluer à court terme :

L’entreprise acheteuse

Lors d’une acquisition, le cours de l'action de l’entreprise acheteuse a tendance à diminuer. Les investisseurs anticipent en effet d’éventuels problèmes liés à l’opération tels qu’une réduction des réserves de liquidités de l’entreprise (ou l’accroissement de sa dette), des difficultés liées à l’intégration des deux entreprises ou une surévaluation du cours de l’action de l’entreprise cible suite à l’encaissement de la prime.

Par exemple, le 21 février 2014, l’action Facebook a chuté de 3,4%, juste après que Mark Zuckerberg ait annoncé le rachat de Whatsapp pour 19 milliards de dollars. Le titre avait toutefois retrouvé la quasi-totalité de sa valeur le jour-même avant la clôture des marchés.

À l’inverse, si le prix d’une acquisition semble refléter la juste valeur de l’entreprise ou s’il est, dans de rares cas, sous-estimé, alors les actions de l’entreprise acheteuse sont susceptibles d’augmenter avec l’entrée sur le marché d’acheteurs potentiels supplémentaires.

L’entreprise cible

En règle générale, le prix des actions de l’entreprise cible augmentent à mesure que les marchés s’adaptent pour refléter le montant de la prime versée. Par exemple, l’action LinkedIn a fait un bond de 47% en l’espace d'un après-midi le 13 juin 2016 après que Microsoft ait annoncé le rachat de la société pour 26,2 milliards de dollars (50% de prime), en partie car les investisseurs ont pu voir les synergies potentielles entre les deux sociétés.

Cependant, il arrive parfois que les entreprises cibles perdent de la valeur suite à une acquisition, notamment si les bénéfices pour l’entreprise acheteuse ou l’entreprise cible ne sont pas facilement identifiables. Le 9 avril 2001, les actions Hewlett-Packard (HP) et Compaq ont dégringolé suite à l’annonce du rachat-fusion de Compaq par Hewlett-Packard. En effet, les investisseurs ne semblaient pas comprendre de quelle manière cette fusion permettrait au nouveau HP d’être plus compétitif dans l’univers déjà hyper-compétitif des ordinateurs personnels, étant donné que la société continuerait d’être dépendante des logiciels Microsoft et aurait ainsi du mal à différencier son offre par rapport à celle de ses concurrents.

Évaluez les effets potentiels sur les concurrents

Les acquisitions sont souvent réalisées dans le but d’augmenter la compétitivité de l’une ou des deux sociétés impliquées dans l’opération. Le cours de l'action de leurs rivaux peut donc chuter en prévision de la réduction de leurs parts de marché. Ceci peut représenter une opportunité pour les investisseurs désireux de se positionner à la baisse sur ces actions. Le 24 août 2017, l’annonce de l’acquisition de Whole Foods Market par Amazon pour 13,7 milliards de dollars a provoqué une chute de plusieurs points du cours des actions des principaux commerces alimentaires de détail américains, à savoir Costco, Kroger, Supervalu, Sprouts Farmers Market, Target et Walmart, à mesure que les investisseurs évaluaient les effets possibles d’un accroissement de la concurrence.

Bien sûr, dans certains cas la stratégie est tout autre et l’acquisition tend à réduire la concurrence. Dans une telle situation, l’acheteur et ses concurrents peuvent alors tirer profit de l’acquisition.

Évaluez les objectifs à long terme

Les entreprises procèdent à des acquisitions pour de multiples raisons stratégiques. Elles peuvent, entre autres, chercher à sécuriser leur part de marché, à se développer dans de nouveaux domaines, à réduire la concurrence, à améliorer leur performance et à obtenir de nouvelles technologies ou compétences plus facilement qu’en interne. À titre d’exemple, l’acquisition de LinkedIn par Microsoft a été principalement considérée comme une expansion dans le domaine des réseaux sociaux, alors que l’acquisition de Motorola Mobility par Google a été vue par de nombreux analystes comme une réaction de défense dans le but de sécuriser la propriété intellectuelle de ses appareils mobiles.

Si les raisons d’une acquisition ne sont pas toujours rendues publiques, cela peut constituer une opportunité d’investissement à long terme, à condition d’identifier les synergies évidentes entre les sociétés acheteuse et cible, ou les difficultés potentielles liées à l’acquisition. Attention cependant, toutes les acquisitions n’ont pas pour objectif de créer de la croissance. Il peut s’agir simplement d’une volonté d'éliminer un concurrent potentiel.

Faites des recherches

Les acquisitions sont souvent annoncées dans les médias et des rumeurs peuvent se propager avant toute annonce importante. Pour cette raison, les grands réseaux d’information peuvent être une source utile de renseignements sur les acquisitions en cours ou à venir et peuvent parfois jouer le rôle de baromètre du sentiment de marché.

Avant de commencer à prendre position sur les acquisitions d’entreprises, il est important de comprendre dans quelles mesures les marchés sont susceptibles d’évoluer. L’une des meilleures façons de s’y préparer est d’observer les acquisitions passées et de s’entraîner à anticiper différents scénarios sur la manière dont le cours des actions aurait pu être impacté, puis de comparer ces scénarios avec les historiques des cours.

Notre dernier projet de recherche, « Acquisitions digitales », présente les acquisitions menées par Apple, Facebook, Google (Alphabet), Amazon, IBM, Intel, Microsoft, HP, Sony et Cisco depuis 1991 (ou depuis leur lancement pour les entreprises fondées après cette date), année où Internet est devenu accessible au public. Cette étude a abouti à la création d'un outil qui permet d’analyser les acquisitions de ces entreprises sous quatre angles :

  • Les acquisitions : une représentation interactive des acquisitions de chaque entreprise, incluant le nom et le coût de chaque rachat avec la possibilité d’alterner entre le coût réel et les chiffres ajustés en tenant compte de l’inflation.
  • Les dépenses : cet onglet révèle la somme totale dépensée par chaque entreprise pour ses acquisitions. Les données montrent que chaque entreprise dépense des montants très différents pour ses acquisitions. Cela peut être dû aux différences de pouvoir d’achat ou de stratégie.
  • Les PDG : un graphique qui montre le nombre d’acquisitions effectuées par chaque PDG des entreprises en question. Les données peuvent être filtrées par entreprise afin de montrer quel dirigeant a mené le plus d’acquisitions lors de ses fonctions ou par année afin d’afficher le nombre moyen d’acquisitions réalisées durant cette période.
  • La fréquence : cet onglet montre quelle entreprise a effectué le plus d’acquisitions. Les données peuvent être filtrées par année afin de révéler le nombre moyen d’acquisitions réalisées par chaque entreprise durant cette période.

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