Le développement de la fintech en France

La Fintech qui est en pleine révolution reste pourtant méconnue par les Français. Si la majorité ne peuvent pas définir ce mot, nous sommes pourtant nombreux à recourir aux services de la fintech dans notre vie de tous les jours.

Technologie financière Banque Financement participatif France Assurance Autorité de contrôle prudentiel et de résolution

Partant des méthodes de paiement à l’assurance en ligne en passant par la gestion de patrimoine ; nous rencontrons de plus en plus des start-ups de la finance qui offrent des produits et services tels que les moyens de paiement, le conseil financier, la gestion de patrimoine ou l’assurance ; des activités jadis considéré comme relevant de la pratique des banques traditionnelles.

Les startups de la Fintech ont bouleversé le secteur bancaire avec les nouvelles technologies, à l’image des autres secteurs traditionnels comme Amazon pour la distribution, Blablacar pour le transport, Uber pour les taxis ou Airbnb pour les locations. Ces différents secteurs ont vu leurs modèles économiques être profondément modifié par la révolution du net. Penchons-nous sur ce qu’est la Fintech en France, son développement, son importance et surtout la règlementation financière française en la matière.

Qu'est-ce que la Fintech et quelle est son importance ?

L’expression fintech résulte de la contraction des mots « finance » et « technologie ». Elle fait référence à une start-up innovante qui utilise la technologie de l’information et de la communication dans le secteur de la banque, de l’assurance et de la finance. Les fintechs ont pour but de rendre la finance plus accessible, plus simple et plus efficace en offrant une meilleure qualité de service à un cout très abordable.
La grande récession de 2008 avait conduit plusieurs traders et banquiers à quitter les grands centres financiers pour se lancer dans des aventures entrepreneuriales dans le secteur de la finance grâce à la technologie. Ainsi en seulement dix ans, le secteur de la finance a connu plus de changement qu’en 200 ans. Les fintechs ont réussi avec le temps à se positionner comme des vraies concurrentes aux banques traditionnelles. Si ce phénomène est très connu aux États-Unis, il a commencé à toucher la France ces dernières années.

Fintech en France

Bien que très peu connu du grand public, le secteur de la fintech en France est assez dynamique avec des acteurs nationaux majeurs opérants dans les domaines des services financiers comme la banque, l’investissement, l’assurance et la gestion des actifs. C’est ainsi qu’au premier semestre 2018, les fintechs françaises ont levé pour 200 millions d’euros avec 61 millions d’euros pour le spécialiste des cryptomonnaies Ledger ; 32 millions d’euros pour Lendix (financement participatif) ou encore 23 millions d’euros pour Alan (assurance santé). La taille des fonds levés par les fintechs françaises reste toutefois modeste comparé à ses voisins allemands, néerlandais, suédois et Britanniques.
En juin 2015, 36 entreprises évoluant dans le secteur de la fintech française se sont rassemblées pour créer une association dénommée « France FinTech » accueillant toutes les entreprises qui utilisent des modèles opérationnels, économiques et technologiques innovants dans l’industrie des services financiers. La mission qu’elle s’est assignée à court, à moyen et à long terme est la promotion de la fintech française auprès des pouvoirs publics, des investisseurs, des médias, des centres de recherche et bien d’autres entités au niveau national et international.

Les différentes sortes de Fintech

Il existe plusieurs catégories des fintechs dont :

La Fintech BtoBtoC ou crowdfunding

La Fintech BtoBtoC ou « Business to Business to Consumer » renvoie à un domaine d’activité dans lequel un service ou un produit est premièrement vendu à des entreprises avant d’être ensuite revendu par celles-ci à des particuliers. Ainsi une entreprise comme L’Oréal Professionnel est considérée comme un acteur du B2B2C vu qu’elle vend ses produits à des coiffeurs pour usage et de fois pour la revente à des clients particuliers.

Le crowdfunding ou littéralement « financement par la foule » et qui se traduit aussi par « financement participatif » repose sur la logique selon laquelle des particuliers financent certains projets professionnels ou culturels avec des petites contributions de quelques dizaines d’euros. Parmi les types de crowdfunding on trouve :

  • les plateformes de dons,

  • les plateformes de crowdlending,

  • l’equity crowdfunding.

La Fintech B2C ou les Néobanques

Une néo-banque ou banque mobile est une banque digitale, accessible uniquement via une application mobile. Rarement considéré comme des banques dans le sens traditionnel du terme, ces fintechs sont généralement considérées comme des établissements de paiement qui s’appuient sur les innovations technologiques en adéquation avec les exigences des clients.

Un compte ouvert dans une néobanque est géré par une application mobile ou une interface web. Raison pour laquelle les néobanques sont considérées comme des banques digitales. Il vous suffit d’avoir un smartphone ou un ordinateur, une pièce d’identité et une photo pour l’ouverture d’un compte. Elles se distinguent des autres établissements traditionnels en proposant un meilleur service à ses clients et une plus grande transparence dans les tarifs.

Parmi les autres atouts des néobanques mentionnons l’accessibilité (avec un espace ouvert 24/7) ; la rapidité et la simplicité dans la procédure d’ouverture d’un compte. Parmi les exemples des néobanques, il y a celles qui sont issues des groupes bancaires traditionnels comme « Hello Bank » créée par BNP Paribas et d’autres qui sont issues des grands groupes comme C-Zam du groupe Carrefour et Orange Bank de l’opérateur téléphonique Orange.

Les Regtech

Le terme regtech est issu de la contraction de deux mots : « regulation » et « technology ». Il désigne des entreprises qui proposent des solutions de gestion automatisée et intelligente dans le domaine de la conformité et de la gestion des risques.

Les Regtech sont vus comme des solutions technologiques autonomes (big data et machine learning) facilitant aux entreprises la gestion des risques réglementaires et l’adaptation de leurs outils aux règles juridiques des différentes juridictions. Ils sont donc considérés à juste titre comme les fintechs de la conformité dans le secteur des services financiers.

Les assurtech

Les assurtech ou insurtech en anglais désignent les entreprises qui exercent dans le secteur de l’assurance. Ce sont des start-ups dites « assurantiels » et « prudentiels ». Elles s’appuient sur les nouvelles technologies digitales pour créer de la valeur et améliorer l’offre en la rendant moins chère.

Les assurtech sont présentes dans différents domaines dont :

  • les comparateurs d’assurance,

  • l’aide à la vente,

  • le big data et l’internet des objets ou assurance des objets connectés,

  • l’assurance vie en ligne,

  • la prévention et l’innovation des produits,

  • le service aux assurés, le peer to peer et les achats groupés,

  • l’intelligence artificielle.

Malgré la grande croissance des assurtech, le secteur de l’assurance reste toujours dominé par des géants qui sont financièrement puissants et qui jouissent d’une position dominante.

La réglementation de la Fintech

Les fintechs qui évoluent dans les secteurs tels que le paiement digital, le financement particulier, l’agrégation des comptes courants sont soumises à une réglementation plus souple, alors que les établissements à caractère financier comme les banques et les assurances ont besoin d’un agrément de l’ACPR (autorité de contrôle prudentiel et de résolution) pour être en mesure d’exercer.

Certains secteurs des fintechs sont déjà soumis à une réglementation. C’est le cas de la directive européenne révisée sur les services de paiement (DSP2) qui fixe les règles de renforcement de la protection des consommateurs et de la sécurisation des paiements dans le secteur du paiement digital.

Un cadre règlementaire a été mis en place par ordonnance en Mai 2014 dans le domaine du crowdfunding ou financement participatif. Ce dernier a pour but de créer un cadre juridique adapté à ce nouveau mode de financement pour assurer le développement dans des conditions juridiques sécurisées et offrir une protection des investisseurs. Cette ordonnance a créé deux statuts spécifiques : le statut d’intermédiaire en financement participatif (IFP) et le statut de conseiller en investissements participatifs (CIP).

Le forum fintech inauguré par l’AMF (l’autorité des marchés financiers) et le gouverneur de la banque de France en 2016 avait pour but de faire évoluer la réglementation sur les fintechs. En partenariat avec l’ACPR, l’AMF a créé le pôle “Fintech, innovation, compétitivité” chargé d’accompagner les fintechs dans le choix d’un statut adéquat et les aider à se mettre aux normes.

La Grande-Bretagne a adopté une méthode appelée “sandbox” ou “bac à sable” en français, consistant à sélectionner certaines fintechs innovantes et tester leur concept sur un périmètre limité en bénéficiant d’un allégement de la régulation. Cette position a été rejetée par le directeur du pôle “FinTech, Innovation, Compétitivité” de l’AMF pour éviter l’instauration d’un système à deux vitesses, privilégiant plutôt un système de proportionnalité.

La France a donc choisi une approche dite “tailored regulation” se situant entre le pragmatisme du système allemand et le système anglais du “ sandbox ” en attendant la mise en place effective de la regulation sur les fintechs.

Date de publication : 2019-01-24T12:58:47+0000


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