La nervosité sur les marchés à l'approche du Brexit propulse le franc

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Comme lors du référendum sur l'indépendance de l'Écosse en 2014, les marchés commencent à se montrer nerveux deux semaines avant le vote sur le Brexit. Il a suffi d'un seul sondage, réalisé par un journal indépendant et montrant que 55 % des personnes étaient favorables au Brexit, pour insuffler le doute chez les investisseurs. L’indice de volatilité a atteint un pic sur les marchés européens et les cours du pétrole ont perdu 3 % vendredi 10 juin. La paire EUR/CHF est également particulièrement touchée, avec une volatilité implicite à 1 mois atteignant son plus haut niveau depuis l'été dernier. 

Alors que la volatilité de la livre sterling a déjà atteint un plus haut historique, les investisseurs pourraient se tourner vers l'euro afin de se hedger contre le risque du Brexit, ce qui devrait maintenir la pression sur la monnaie commune pendant les deux prochaines semaines. La BNS pourrait intervenir sur le marché des changes afin d'atténuer la volatilité sur la paire EUR/CHF, qui a atteint un nouveau plus bas depuis février. Il est toutefois peu probable qu'elle annonce des changements de sa politique monétaire lors de sa réunion mensuelle jeudi 16 juin.

Un vote en faveur d'une sortie de l'Union européenne renforcerait clairement le franc, obligeant la BNS à intervenir lourdement, voire à réduire encore le taux de dépôt. Et même alors, l'appréciation du franc pourrait devenir incontrôlable. La réserve de devises étrangères de la BNS est déjà à un plus haut record et l'effet du taux négatif commence à s'estomper. Nous avons en effet constaté un recul des rendements réels et nominaux partout dans le monde à la suite de pressions déflationnistes, rendant le franc de moins en moins « inintéressant » par rapport à d'autres devises. C'est la raison pour laquelle nous constatons un franc assez solide, malgré le récent redressement de l’appétit du risque et l'approche de plus hauts historiques sur les marchés américains.

Un « non » au référendum du Brexit soulagerait quelque peu le franc et serait, à l'évidence, la meilleure issue pour la Suisse. Toutefois, pour que l'effet soit durable, l'inflation devra se reprendre (afin d'augmenter le différentiel de rendement), quelle que soit l'attitude de la BNS. Néanmoins, si ce scénario était vérifié, l'inflation mondiale devrait augmenter vers la fin de l'année, avec une reprise de la confiance des investisseurs/consommateurs dans le Royaume-Uni et dans l'Union européenne, une stabilisation des prix des matières premières (en particulier du pétrole) et la hausse des salaires aux États-Unis.

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